Jour 1 946

Hum … qu’est-ce que j’ai le plus envie d’exprimer maintenant que je suis de retour de l’Ontario et que je reprends du collier ? Allons-y par ce qui me fait du bien. Ça me fait du bien de ne plus sentir que j’ai cinq ans d’âge mental en raison de mon incapacité à bien m’exprimer en anglais. Ça me fait du bien que Clovis m’ait dit cette nuit, dans son sommeil, sans même s’en rendre compte, et sans se rendre compte, d’autant moins, qu’il répondait à mon plus récent intermède écrit en Ontario :
– Tes caresses me font du bien, il n’y a pas de prix pour cela.
Ça m’a fait du bien, au restaurant Le vieux poêle, à la toute fin de notre périple, après neuf heures de route presque sans interruption, et sur un estomac vide, ça m’a fait du bien de m’exclamer, les bras tendus au ciel, ne devinant pas, la seconde d’avant, que j’allais faire ça, ça m’a fait du bien de m’exprimer tout fort devant tout le monde, mais il y avait peu de monde :
– Alleluia !
quand la pizza est ENFIN arrivée après une heure d’attente. Ça, cette énergumène qui crie Alleluia ! en plein restaurant en toute spontanéité, c’est tout à fait moi. Emma, qui trouvait qu’on n’avait pas attendu tant que ça, s’est éclatée de rire. Enfin chez moi, à St-Alphonse, au Québec, en français, je redevenais moi.
En Ontario, avec mes cinq ans d’âge mental, je me suis mise à être très incommodée par mes cheveux courts à gauche, et pendouillants à droite, comme l’exige l’esprit de ma nouvelle coupe. Voyons la chose de la façon suivante : mon mal-être, en partie causé par une extrême fatigue, et quelque chose d’autre qu’il va peut-être falloir que j’explore un jour, s’est focalisé dans ma tignasse. Ma manière de vivre avec ce grand inconfort, avec cette presque honte, a été de ne pas les laver, de les laisser devenir crêpe que j’aplatissais tous les matins au réveil en lissant les cheveux vers l’arrière, comme le fait mon oncle Henri-Paul, 80 ans. Même que certains jours je les ai crémés avec les produits fabriqués maison par Thrissa pour qu’ils soient gominés. Et bien que gominés, je ne les ai pas lavés. Ma technique m’a bien servie, avec ma crêpe je me sentais bien protégée, let’s put it that way, as they say over there. Le seul problème qui en a résulté, c’est qu’arrivée à la maison j’ai senti l’urgence de les laver, des fois que Clovis nous aurait fait la surprise d’arriver.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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