Synchronicité : j’arrive la première au bureau lundi matin. Ça sent la peinture fraîche car notre espace de travail vient tout juste d’être réaménagé et les fenêtres sont restées fermées pendant deux jours. Ça sent, en plus, le manque de circulation d’air. Je me rends donc, première chose, ouvrir la fenêtre. Or l’édifice au complet est en rénovations. On fait, on défait, on refait. Des ouvriers sont dehors qui essaient d’arranger je ne sais quoi mais ça semble difficile. Il y a ceux qui sont dans la cour, sous la pluie car il pleut, et ceux qui sont à l’étage et qui font du tapage. Au moment précis ou j’ouvre la fenêtre, un ouvrier dans la cour crie à l’autre à l’étage :
– Arrache la fenêtre !
J’aime que ma semaine commence avec une telle détermination.
Paradoxalement –il faut se référer ici au texte d’hier pour savoir Paradoxalement à quoi–, quand j’exprime une colère incommensurable dans mes rêves, une colère que je ne vis jamais à l’état éveillé, une colère qui m’amène à tuer, ce quelqu’un que je tue, c’est toujours ma sœur ! Dans mon rêve de la nuit dernière, papa nous annonce que nous partons en vacances tous les quatre : il est en couple avec je ne sais qui, autrement dit la compagne de papa, dans ce rêve, joue le rôle d’un figurant très effacé. Je suis avec ma sœur. Au début je suis contente, puis au fur et à mesure des jours et des endroits visités, j’en viens à ne plus être capable de supporter mon aînée. Ce n’est pas à elle que je m’en prends, intérieurement, je m’en veux d’être si colérique et impatiente et intransigeante. Grâce à moi, le voyage est gâché, mais les trois autres voyageurs sont assez diplomates pour ne pas intervenir, cela serait encore pire. Ils me laissent exprimer un fiel qui n’en finit jamais de sortir de moi. La colère m’envahit à un point tel, dans ce type de rêve, que je me réveille au moment où je m’apprête à commettre un acte fatal. Question : D’où vient cette colère ? Justement, hier, au Duc de Lorraine avec une amie, je m’écoutais parler et je me disais que j’étais bien trop douce, trop aimante, presque trop molle de bonté.
Ah ! Seigneur ! Si j’étais publiée, mon livre s’intitulerait Comme si j’étais avec Mélina, en clin d’œil à Célina, pour ceux qui se souviennent d’elle. Cela étant, rien ne changerait quant à ma situation : je demeure et demeurerais assaillie de questions.