Jour 1 961

Hier après ma brève séance de travail dans le stationnement, pour ceux qui auront lu mon dernier intermède, j’ai poursuivi ma route jusqu’au métro en marchant, comme d’habitude, sur le trottoir. Je pensais au film LOL dans lequel une femme fait la rencontre d’un homme. Cela se passe de la manière suivante. Le talon aiguille de la jolie chaussure de la femme se coince quelque part et se casse. L’autre chaussure n’ayant pas perdu son talon, la femme ne peut plus marcher, elle serait trop débalancée car les talons sont hauts. Ce petit incident ne passe pas inaperçu à l’œil aguerri d’un homme qui surveille tout par déformation professionnelle car il est policier. L’homme offre alors à la femme de la conduire en moto là où elle doit se rendre. La femme serait folle de refuser. Commence donc ainsi, aussi simplement que ça, une relation qui va procurer du bonheur aux protagonistes.
Si mon talon était tombé, je n’aurais pas eu l’occasion de me faire proposer quoi que ce soit par un homme bien intentionné parce que j’aurais simplement enlevé l’autre chaussure et j’aurais marché pieds nus, à Paris, car l’histoire se passe à Paris.
Cela dit, et encore une fois pour ceux qui s’en souviennent, cela fait deux fois de suite que je fais référence à la synchronicité. J’ai aussi utilisé le mot en réponse à un commentaire reçu sur mon blogue, on est rendu à trois fois, et même Ludwika a utilisé le mot au téléphone aujourd’hui, quatre fois. Donc le climat est propice, peut-on penser, à la synchronicité. Et la synchronicité, ici, dans ma mythologie personnelle, serait qu’il se produise une rencontre qui procurerait du bonheur à la protagoniste que je suis. Autrement dit, toujours pensant que j’aimerais qu’il se produise une rencontre, il s’en produit une.
Sur le trottoir et marchant, mes pensées allant du film LOL, à l’éditeur, à mes chaussures neuves que je regardais, voici ce qui s’est exactement produit : bang, un homme qui essayait de lire quelque chose sur son iPhone m’est rentré dedans, ou je suis rentrée dans l’homme, c’est une manière un peu familière d’exprimer que nous sommes entrés en collision frontale assez violemment car l’homme marchait vite. Mes lunettes sont tombées à terre. L’homme n’en portait pas. J’ai eu la nausée comme lorsque je me suis cassé le bras il y a un an tellement la douleur au front a été vive. L’homme a semblé moins souffrant. Il m’a retenue par le bras. En prenant appui sur lui je me suis assise sur le bord du trottoir et il s’est penché en même temps, d’autant qu’il voulait ramasser son iPhone. Miraculeusement, il n’y avait pas de voiture stationnée à cet endroit. Au bout d’un moment j’ai repris mon souffle et l’homme, me fixant, m’a dit :
– Si je ne me retenais pas, je vous embrasserais, là, maintenant.
Je suis ainsi faite que je m’exprime d’une manière appliquée, en respectant mes temps de verbe. Au lieu de lui dire quelque chose de rapide qui se prononce bien comme :
– Ne vous gênez pas.
j’ai bien articulé mon conditionnel présent, particulièrement les i, et je lui ai répondu :
– Je ne vois pas pourquoi vous vous retiendriez.
Je répondais ça pour niaiser, convaincue qu’il me niaisait. J’avais les cheveux sales, attachés en une toque de mémère, le teint toujours gris quand je suis fatiguée or je l’étais, et de gris il était peut-être rendu blanc à cause du choc et de la douleur.
L’homme s’est bel et bien approché de moi, les paupières closes. Je l’ai trouvé beau.
Ce n’est pas tant sa barbe de fin de journée qui a piqué ma peau que les moustaches de Mia qui m’ont chatouillé la joue. Elle s’y prend de cette manière, le matin, pour me réveiller.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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1 Response to Jour 1 961

  1. Avatar de claude daneault claude daneault dit :

    Hey bien, je souhaite que ce phantasme devienne réalité, et qu’enfin, le cas échéant, il puisse combler ton si grand besoin d’attention.

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