Ça y est, je vais me mettre à me remémorer un événement par jour en fonction de son numéro. Hier c’était la naissance de mon frère, aujourd’hui c’est JFK, demain ce sera l’âge de François quand je l’ai connu, je veux dire intimement …
En novembre 1 963, John Fitzgerald Kennedy s’est fait assassiner à Dallas. Le couple présidentiel était en voiture, j’imagine décapotable parce qu’à Dallas il fait chaud et dans un modèle décapotable on peut mieux voir le président et son épouse. La voiture effectuait en effet le parcours d’un cortège organisé sous haute surveillance. Il semblerait qu’au moment où il reçoit la première balle, car il en reçoit deux, JFK se faisait dire par son hôte que la population de Dallas, finalement, l’aimait bien. Cela s’appelle la synchronicité. Quand elle se rend compte que son époux est en sang, Jackie essaie de s’enfuir du véhicule à quatre pattes dans son tailleur rose, probablement Chanel, elle se dirige vers le coffre arrière. C’est pour le moins inhabituel, la première femme du pays à quatre pattes sur un véhicule. Il faut dire que les circonstances étaient exceptionnelles.
Quand j’entends quatre pattes, en ce qui concerne ma mythologie personnelle, je pense immédiatement à une femme dans un contexte sexuel. Comme le dirait ma psychanalyste, je suis fabriquée comme ça. Je ne désire pas être la femme à quatre pattes qui recevra quelque contact sexuel en provenance d’un ou de plusieurs partenaires, masculins ou féminins. Je ne fais que voir une femme qui se plaît dans cette position particulière qu’elle occupe. Ma référence ultime d’une femme à quatre pattes, je me répète, je sais, avec ces quatre pattes, je vais essayer d’y remédier dans les prochaines lignes, est celle de ma belle zébresse, du recueil de nouvelles que j’ai écrit en 1994. La zébresse est zébrée en raison des stries de la lumière qui passe à travers des persiennes closes et qu’elle reçoit sur son corps.
Je pense à la zébresse, aux quatre pattes et au partenaire sexuel parce qu’hier soir, seule à la maison, je m’ennuyais. J’ai voulu aller m’acheter une aiguille à tout petit chas au Jean-Coutu du coin pour m’occuper et me faire prendre un peu d’air. J’ai oublié toute ma collection d’aiguilles à la campagne, or j’en ai besoin pour un projet de tricot. Pour payer les aiguilles, il aurait fallu que je passe avant à la banque chercher un peu d’argent, je n’en avais pas du tout dans mon porte-monnaie. La banque se situe dans le quartier opposé au JC et j’étais trop paresseuse –après tout, ma journée était faite et j’avais bien travaillé de surcroît–, pour entamer une promenade qui aurait eu deux destinations différentes et opposées. J’ai soupé, debout, quelques morceaux de saumon et du pain grillé, glop glop dans la cuisine, j’en ai servi un peu à la chatonne qui a fait la fine bouche sur le coup, puis je suis allée réfléchir, dans le salon, à ce que je pourrais bien faire.
C’est alors qu’il m’est venu, j’étais en train de tricoter comme activité de fond propice à la réflexion, qu’il m’est venu l’idée de créer une nouvelle catégorie sur Les productions Badouz qui contiendrait une série de textes déjà écrits que je voudrais améliorer. Délaissant mon tricot, j’ai créé la rubrique hier sur mon blogue, elle s’appelle Les femmes de l’alphabet, mais elle n’est pas visible pour l’instant car mon premier texte n’est pas prêt à être mis en ligne.
Les femmes de l’alphabet sont nées de mon envie de créer 26 textes mettant en vedette, si on peut dire, une femme différente par texte dont le prénom commence par chacune des lettres de l’alphabet. Comme je suis du genre à tout virailler à l’envers pour que ce soit encore plus difficile à suivre, j’ai commencé mon recueil, il y a déjà une dizaine d’années, à partir de la dernière lettre, Z, pour Zoé.
Zoé est une jeune femme qui marche dans son quartier et observe différentes petites choses. Or ces choses étant reprises dans les textes suivants, elles sont alors interprétées par la conscience d’autres personnages au prénom qui change. Comme quoi, déjà il y a dix ans, et sans vraiment le savoir, je m’intéressais à la subjectivité des consciences, aux glissements, aux interférences diverses et aux interprétations multiples. Zoé, donc, observe des petites choses mais elle pense aussi à certaines affaires dans sa tête qui deviennent vite sexuelles, allez savoir pourquoi.
Je me suis rendue jusqu’à la lettre S pour Suzon avant de m’arrêter, découragée. C’est mal structuré, les textes finissent pas se resserrer les uns sur les autres à tel point qu’on ne comprend plus rien et qu’on ne peut plus respirer. Je vais essayer de les reprendre et de les aérer. J’ai cherché sur mon ordi des versions électroniques de mes nouvelles pour ne pas avoir à tout retaper. Évidemment je les ai supprimées, convaincue, comme pour le manuscrit des cent premiers jours transmis à mon éditeur que je ne rappelle pas, que les textes sont tout juste bons pour la poubelle. Heureusement, j’ai retrouvé un vieux cartable bleu couleur UdeM qui contient une version approximative de mes textes, sur papier. Les feuilles ont dû prendre l’humidité, j’ai de la difficulté à les décoller pour lire le verso des rectos. Je dois donc retaper toute l’affaire. Je ne sais pas ce que ça va donner, mais je peux dire qu’à cause de cela, hier soir, je ne me suis pas ennuyée.
Ce soir je vais chez Oscarine, la nouvelle retraitée.
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Une autrice illustrement inconnue !
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Retaper? Mais Lynda, il y a des scanners pour lire les textes évidemment. C’est particulièrement facile quand ce n’est que du texte, justement. Tu veux que je t’en prête un? Peut-être as-tu déjà tout ça à la maison? Ou que je le fasse pour toi? (ça va me prendre des semaines, ou des mois, cependant, je ne peux promettre mieux, car je suis un peu occupé).
Si ce sont des manuscrits, tu trouverais aussi facilement quelques beaux (??) esclaves pour les retaper, si c’était nécessaire! Tu saurais les mener. Pour certaines tâches pénibles, il faut être résolument moderne. Garde ton art et ta vitalité pour l’essentiel.
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Je regarde le texte sur papier et je le retape en le transformant, déjà, ici et là. Donc, selon moi, et toujours parce que je suis paresseuse technologiquement, je n’ai besoin de rien d’autre que de mes doigts sur le clavier, et d’un peu de temps, le soir, tranquille, sur mon canapé.:-)
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