Seigneur, en tapant le chiffre d’aujourd’hui dans la section Titre de ce texte du jour, je me rends compte que 1964 est l’année de naissance de mon frère Swift Smith, le plus jeune de la famille, celui qui vit aux États-Unis. Grâce à ce qu’on appelle la résilience, grâce à sa blonde qui est bonne en administration et qui gère leur commerce d’import/export, grâce aussi à un bon emplacement de la lune dans le carré de Vénus au moment précis de sa naissance, Swift s’en sort plutôt bien dans la vie, ce que ne laissait pas forcément présager l’accueil mitigé qu’il a reçu. Tout étant subjectif, papa dirait ici un bon accueil, un accueil normal en masse pour l’époque.
Mon but en commençant ce mot du jour, avant de me laisser dévier par le chiffre 1 964, allait dans le sens contraire de l’accueil mitigé. Je voulais écrire dès la première ligne que mon plus grand plaisir, ce que j’aime le plus plus plus, c’est vivre auprès d’Emmanuelle. Je me répète, je sais. Elle pratique sa flûte pendant que je fais mes affaires –hier c’était du ménage. Elle fait ses devoirs dans le bureau et je trouve un prétexte pour aller respirer l’odeur de ses cheveux. En faisant semblant d’avoir besoin d’un papier caché dans une pile à côté d’elle, je lui demande si elle est gentille. C’est une formule consacrée. Elle me répond Oui maman je suis gentille et pour me faire plaisir elle en rajoute un peu, Et je suis une chouchou, et elle me laisse la cajoler. Nous écoutons des films, hier c’était LOL pour le deuxième soir de suite, et je suis au paradis.
Étant donné que tout est relatif au max, noir et blanc parfois en même temps, et que tout dépend de l’accueil qu’un être reçoit quand il arrive dans la grande famille planétaire, et de la manière dont on vit ensuite avec lui, au moins deux Emmas auraient été possibles : la douce et épanouie que je connais, qui est une réalité de chair et d’os palpable et vérifiable en tout temps, et il aurait pu aussi exister une Emma malheureuse qui ne s’aime pas et qui se vit en dents de scie. Si tel avait été le cas, et c’est là que réside tout le drame, seule la Emma en dents de scie aurait pu décider, à un moment donné, de transformer les dents de scie en autre chose, et il n’y a rien qui garantit qu’elle en aurait eu envie.
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