HD – Intermède

Je ne sais pas ce que j’ai, je n’arrête pas de parler en anglais même si les deux copines ontariennes sont retournées dans leur province. Cet après-midi j’étais avec Nicoletta, à l’Ile-Perrot, plus spécifiquement chez un dresseur de chiens. Le dresseur nous demande si nous préférons parler avec lui en anglais ou en français. Ne me mêlant pas de mes affaires, je réponds En anglais, à la place de Nicoletta. Nicoletta est trilingue, alors l’anglais lui convient, mais elle me regarde quand même d’un drôle d’air car elle sait fort bien que je ne suis pas pantoute bilingue. Puis, quand nous en avons fini du dresseur, dans l’auto sur le chemin du retour, je continue de parler in English à mon amie qui s’énerve, à un moment donné, et me commande d’arrêter ça, l’anglais.
Alors je sais ce que je vais faire si l’éditeur m’appelle une autre fois, parce que je ne pense toujours pas le rappeler quant à moi. Je vais répondre, plutôt que de laisser sonner, mais en anglais. Je vais dire :
– Hello, Lyndov Louprov speaking, can I help you ?
Je suis obligée, ici, d’avoir recours à un nom et prénom transformés, pour des raisons évidentes. Les passages russes ne faisant pas partie du manuscrit que j’ai transmis à l’éditeur, parce qu’ils n’étaient pas encore écrits, il n’y verra que du feu.
Je suis convaincue, je ne sais pas pourquoi, qu’il ne parle pas anglais, alors il va raccrocher en s’excusant d’avoir composé un faux numéro. Comme ça, je ne serai pas confrontée à la terrible déception de me faire annoncer, par lui, que mes cent premières pages sont pourries.
En fin de semaine, dans les rares temps libres que j’ai eus, je suis venue visiter mon blogue. J’ai sélectionné des textes au hasard, en tapant un numéro de manière aléatoire entre 2 200 et 1965, et j’ai lu le mot du jour correspondant. J’étais toute mélangée. Je me disais
– Et si c’était bon ? Est-ce que ça se pourrait que ce soit bon ? Est-ce vraiment moi qui ai écrit ça ? –aux passages que je trouvais bons. Il n’y a que moi pour avoir écrit ça –aux passages poches.
En tout cas. On verra. C’est comme pour tout le restant, l’avenir nous dira à quoi nous en tenir.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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