Je lis le texte d’hier avec les yeux d’aujourd’hui et je ressens le besoin d’apporter des précisions. D’abord, je ne suis pas moyennement en forme. Je me sens en pleine possession de mes moyens. Je préfère la femme que je suis à 53 ans que celle que j’étais à 50 ans. Je me sens plus mature, plus sensible aux autres, plus aimante. Je me sais entourée d’amis qui ont tous une place importante dans mon cœur, des amis hommes et femmes qui me font toujours du bien. L’expérience de la maladie et de la mort m’a donné de la sagesse.
Le fait de m’être absentée un an du travail pour accompagner François confirme en outre mon opinion par rapport à l’obligation de gagner ma vie : le travail constitue à mes yeux un univers qui m’est imposé, dans lequel il est important que je me sente bien, mais sans plus. Je ne prendrai jamais cela au sérieux. La vie est en revanche précieuse et, chaque jour, je fais mon possible pour en exploiter la richesse et la beauté.
L’amour est au centre de toute l’affaire. L’amour de soi, bien entendu, être bon et bienveillant envers soi. L’amour de mes proches, amis et famille. L’amour fondamental et inconditionnel que je ressens pour Emmanuelle. L’amour au sein d’un couple. L’amour au sein d’un couple heureux qui traverserait le dernier bloc de ma vie sur terre, disons un bloc de trente ans, représente ce que je peux me souhaiter de mieux. L’amour et la santé.