Jour 2010

Mince alors. Trois personnes m’ont dit récemment ne pas m’avoir suivie sur mon blogue à cause des Russes.
– Trop difficile à suivre, me dit l’une, croisée sur la rue. Qu’est-ce qui est arrivé à qui, on ne le sait plus !
– Trop douloureux, me dit l’autre au téléphone, j’ai failli pleurer, j’ai été obligée de m’arrêter avant la fin.
– Trop déprimant, me dit la dernière, rencontrée au marché d’alimentation. J’ai hâte que tu te sortes de cette relation, cet homme est toxique.

Comme d’habitude, je me situe à l’exact contraire de ces commentaires : de tout ce que j’ai écrit à ce jour, près de 200 jours, ce sont les épisodes russes qui me plaisent le plus ! Ils me plaisent pour la fantaisie des tournures, pour les anagrammes –même si un quatrième lecteur m’a dit que je n’étais pas douée pour les anagrammes. J’écris pour me faire rire. Je prononce tout haut Ynov Vyskol et je me trouve drôle. Une lectrice m’écrit un mot à propos d’Ynov Vyskol en transformant elle aussi les lettres, Novys Yvaniskhov, admettons. Je me mets à rire toute seule  dans mon bureau. Je trouve mon amie lectrice encore plus drôle que moi. Lire les Russes, c’est lire le style Lynchanien bien davantage qu’une histoire soutenue. J’écris pour l’élan, j’écris pour inventer. S’il est inspiré de faits réels et de paroles qu’il m’a semblé entendre de la bouche de Clovis, l’épisode bolchevique ne s’en éloigne pas moins très rapidement. Une fois écrits les premiers mots, je suis déjà rendue ailleurs.

Comme il est inscrit dans mon code génétique que je serai à rebrousse-poil toute ma vie, à contre-courant, à l’envers, je me laisse aller, je me répète, c’est mon nouvelle devise. Un cinquième lecteur, après avoir lu une biographie de Picasso, m’a encouragée à maintenir cette devise. Ce n’est pas une comparaison, mais ce n’est pas insignifiant non plus comme référence.

Quand je me suis rendu compte, dans le milieu du travail, j’étais encore dans la trentaine, que je n’étais pas capable de m’intégrer et de faire comme tout le monde, d’adhérer aux mêmes convictions et surtout de me prendre au sérieux, j’ai commencé à insérer toutes sortes d’éléments ludiques dans une vie professionnelle qui me coinçait. Je me souviens d’un conseil d’administration de mon association professionnelle. Au moment de quitter, je regarde à gauche, à droite, je ne trouve plus mon sac. Je demande aux collègues s’ils ont vu mon attaché-case. Commence alors la recherche de l’attaché-case, jusqu’à ce que je m’exclame l’avoir enfin trouvé.
– Ça, c’est un attaché-case ?, me demande une collègue, me voyant agiter un sac Provigo en plastique qui ne contient qu’un paquet de feuilles.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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