Jour 2023

Aujourd’hui, ce n’est pas le pied de céleri que j’ai oublié sur le comptoir de la cuisine, mais mes lunettes à foyer progressif. Ce n’est pas surprenant, je n’avais pas toute ma tête au moment de quitter la maison, et je ne l’ai toujours pas, tellement je suis fatiguée. Heureusement, je laisse en permanence mes lunettes de mémère au bureau qui me servent pour travailler à l’ordinateur. Le problème, c’est pour mon cours de tricot ce soir : je vais bien voir mes mailles, mais pas la prof qui nous parle du côté opposé à celui où nous nous installons, Oscarine et moi.

Je suis allée entendre Al Dimeola et Deo Alfonsi à la salle Hector-Charland à l’Assomption avec chez Clovis, je me suis donc couchée très tard.

Deo Alfonsi est plutôt menu, habillé tout en noir, il porte un col roulé. Al Dimeola est vêtu d’un jean, de bottes noires, d’une chemise blanche à l’indienne qui lui arrive à mi-cuisse, dont le décolleté en V est un peu prononcé sur la poitrine. Deo n’aura pas articulé trois mots au micro mais seulement deux, à la toute fin : Al Dimeola ! en tendant le bras vers son ami pour souligner sa performance époustouflante. Al Dimeola parlera beaucoup avec décontraction. Deo pince ses cordes avec les doigts de la main droite, Al Dimeola utilise un pick. Deo passe toute la soirée les jambes croisées, sans vraiment de partitions, seulement quelques feuilles par terre, mais il joue presque tout le temps les yeux fermés de toute façon. Al Dimeola ne joue pas les jambes croisées et il tape du pied droit –contre toute attente car habituellement les musiciens de haut calibre ne tapent pas du pied. Il lit ses partitions qu’il déplie minutieusement sur un lutrin ajusté assez bas, à peu près à la hauteur de ses genoux. À la fin du spectacle, Deo tourne la tête à gauche, à droite, pour se délier la nuque. Al Dimeola, de la main gauche, se frotte le poignet droit.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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