Pour me moquer de moi, je me suis acheté un pied de céleri au Provigo, mais je l’ai oublié ce matin sur le comptoir de la cuisine. Je n’ai donc pas d’adjuvant de remplacement plus facile à digérer que la baguette de pain au levain pour m’accompagner dans l’écriture des lignes d’aujourd’hui. Voici néanmoins, le ventre vide, le récit d’une chose qui m’a fait du bien hier lors de mon trajet en métro.
J’ai imprimé au hasard un texte de mon blogue. J’ai ramassé la feuille sur le plateau de l’imprimante, je l’ai pliée sans la regarder, je l’ai mise dans mon sac à main et je suis partie. Mon but était de prendre le temps de lire la page tranquillement, pour le plaisir des mots, et non dans la perspective d’en extraire les faiblesses et les défauts. Je me suis assise sur un banc, au métro Édouard-Montpetit, j’ai commencé la lecture de la page et j’en ai aimé la saveur. Je me suis dit que ce n’était pas possible, alors j’ai recommencé et j’ai encore aimé.
J’ai retrouvé dans mon texte le même style que celui que j’avais, il y a vingt ans, quand j’ai fait mon Ph.D. en création littéraire. Il y a un style lyndanien. L’écriture rebondit d’une fantaisie à l’autre, le fil conducteur est souvent interrompu par des incises, mais on se sert de chacune d’elles comme d’un tremplin pour respirer et se maintenir ancré au long déroulement de l’idée. C’est quand même bizarre que je continue de croire en ce que je fais alors que je n’en retire aucune reconnaissance par les instances habituelles, disons professionnelles. Il faut avoir la foi.
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