Ma voisine de bureau est en congé pour une durée indéterminée. Ça veut dire qu’elle a craqué, qu’elle n’en pouvait plus. Si elle en avait eu le temps, car elle a un horaire surchargé, je me demande si elle aurait mieux résisté aux contrariétés du travail avoir écrit un mot par jour, ou tricoté 100 lignes par jour, ou nagé tous les matins, s’être adonnée à une activité calmante et répétitive qui s’installe dans la durée. Une collègue me disait ce matin au téléphone que je suis plus à même de résister que ma voisine parce que j’ai du tempérament. Encore ici, j’ai fait comme si je n’avais rien entendu, mais sa remarque m’a flattée.
La conversation que j’ai eue avec un ami m’amène à me questionner à savoir si j’ai du cœur et de la sensibilité. Il me parle assez longuement de son fils aîné qui est atteint d’une maladie. Plutôt que d’être touchée par le drame que vit mon ami, je tourne ça autrement. Je me dis que mon ami a développé une forme d’amour encore plus grande et plus enrichissante pour son fils et qu’il aurait peut-être été privé de cette forme d’amour si le fils n’avait pas été victime de cette maladie.