Clovis n’arrête pas de se lever au moment des repas pour me montrer ceci, me servir cela. Il n’arrête pas de bouger non plus pour s’occuper de moi, de mes affaires, de mon confort, de mon bien-être. Comme il est de tempérament nerveux et que cela consomme déjà pas mal de son énergie, j’ai peur qu’il ne se fatigue à s’étourdir comme il le fait. Il me fait penser à un personnage qui apparaît dans un des romans autobiographiques de Violette Leduc, peut-être La bâtarde. Il s’agit d’un homme très pauvre dans le Paris des années quarante, pendant la guerre. Il donne tout à ses amis et ne garde rien pour lui. Clovis fait la même chose. Il donnerait sa chemise tellement il est généreux. D’ailleurs il m’a donné toutes sortes de choses avant que je le quitte ce matin, à six heures, pour venir travailler : des barres tendres, une banane, de l’huile d’argan, des savons, il m’a prêté des chaussettes, il m’a servi deux cafés.
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Badouziennes
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