Il y a quelque chose de commun entre le film Le goût des autres et mon article d’hier dans lequel j’ai failli annoncer que j’interrompais mon projet des 2200 jours. En fait, je devrais écrire qu’il y a quelqu’un de commun, car il s’agit du personnage d’Antoine, un doux, bien qu’il ait un rôle de garde du corps. On dira qu’il représente une version soft de garde du corps, étant essentiellement le chauffeur de Monsieur et Madame Castella et du chien, dont j’ai oublié le nom, qui mord les gens. Antoine est un homme positif, il fait confiance aux gens, il n’abandonne pas le premier pour éliminer la possibilité d’être abandonné par l’autre (dans un couple, par exemple). Quand il reçoit une lettre de sa fiancée qui l’informe qu’elle le quitte –elle séjourne aux États-Unis et compte y demeurer–, Antoine continue d’espérer que le lien ne soit pas rompu tout à fait au lieu d’en vouloir à la vie. Il trouve le moyen d’accuser le coup à petites doses. Cela témoigne d’une grande force, selon moi, cela signifie qu’il est capable de vivre l’abandon, puisqu’il ne s’en protège pas à tout prix.
Il n’empêche qu’Antoine nous est présenté comme un tata naïf qui a de la difficulté à sortir trois sons de sa flûte traversière dans ses temps libres, tout seul avec lui-même, jusqu’à ce qu’on découvre, à la toute fin du film, qu’il fait partie d’un groupe de musiciens.
Ce point commun, à savoir la naïveté d’Antoine et la mienne, amène la question suivante : à quoi sert-il d’être positif et d’être porté par l’espoir ? Ma réponse se limite à ceci : tout simplement à rendre ma vie meilleure.
J’ai fait part à Emma de mon mini découragement d’hier. Elle m’a consolée à sa façon, en me disant que lorsque je serai rendue à 2200 textes, je maîtriserai mieux ma technique d’écriture et, à ce moment-là, on acceptera peut-être de me publier… Bof. Je suis contente, malgré tout ce qui précède et qui tend à dénigrer mon caractère trop candide, de ne pas m’être laissée abattre, car je donne un exemple positif à ma fille. Elle s’est fait demander par son tuteur de flûte de pratiquer deux heures par jour au lieu d’une. Ce serait bien mal l’encourager que de lui annoncer que j’abandonne les 2200 jours, d’autant qu’elle me lit, la coquine, pas tout le temps mais peut-être plus souvent que je ne le soupçonne. Il y a mon père, aussi, qui, sans le savoir, ajoute sa touche au portrait. Papa m’a déjà dit qu’il n’est pas très important de trouver, l’important c’est de toujours chercher. Je ne sais pas s’il a glissé cette phrase dans une de nos conversations pour s’assurer que je n’aurai plus d’homme dans ma vie, libérant ainsi Emma de l’obligation d’apprivoiser le nouveau compagnon de sa mère, peu importe, quoi qu’il en soit, de toute façon, en tout cas, je n’arrête pas. C’est déjà ça.
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