Jour 2064

Hier, c’était le dernier cours de mon trimestre et de mon certificat en arts plastiques à l’UQÀM. Je suis une nouvelle diplômée du Département des arts visuels. Je suis fière de moi, j’ai suivi les dix cours requis sur une période de six ans, à raison d’un cours par trimestre. Compte tenu que j’ai passé deux trimestres sans prendre de cours à cause de l’état de santé de François, il m’a fallu six ans, et non cinq.

Comme dernier projet, je voulais soumettre une variation du bateau sur l’eau, en y entassant des pinceaux plâtrés à la verticale devenus boat people. Avec une étudiante de mon cours, je suis même allée la semaine passée m’informer au service de prêt pour l’emprunt d’un grand bac que j’aurais rempli d’eau. Mais cela m’aurait amenée à terminer mon programme sur un thème bien peu optimiste. On peut espérer que les boat people qui ne mourront pas pendant la traversée auront la possibilité de se faire une vie meilleure dans leur pays d’accueil, mais c’est loin d’être garanti.

Pour finir sur une meilleure note, joyeuse, j’y suis allée pour des bungies, des escaliers d’hébertisme, un capteur de rêves, des mobiles, autant d’éléments que j’ai suspendus hier dans le local de notre exposition. Je me suis juchée sur le dernier palier d’un escabeau pour attacher le tout aux tuyauteries de ventilation qui décorent le plafond. Comme les morceaux de mes installations suspendues sont les mêmes objets plâtrés que ceux de mon mandala, chacun retenu par des élastiques, il me suffisait de tirer un peu sur l’extrémité de mes installations pour les faire gracieusement rebondir dans l’espace. Une étudiante a dit que mes objets rebondissants étaient comme moi, calmes mais enjoués, amusants et ingénieux. Rendu au dernier cours, tout le monde se fait des compliments, mais quand même, j’ai failli me liquéfier sous l’effet de ces belles paroles. La prof, aussi, la coquine, s’est mise de la partie. Elle a dit :
– Je suis déçue de te perdre comme étudiante, très très déçue.
Seigneur ! Je suis rentrée à la maison vers 22 heures. Comme je porte encore en moi les effets atténués de l’entrevue ratée pour le poste mieux payé, les effets encore violents de l’entrevue super ultra ratée pour rencontrer un homme, les effets prégnants eux aussi des compliments de l’étudiante et du mot de la fin de la prof, je me suis laissée dormir, ce matin vendredi, jusqu’à 10 heures. De toute façon, je suis en vacances les vendredis, mais aujourd’hui c’est spécial, on a notre party de Noël au service, et comme je ne suis pas malade, du moins pas à ma connaissance, je vais participer.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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