L’odeur du latex, dans mon bureau, me fait tousser. C’est l’avantage d’avoir déménagé dans la zone libre, je peux me livrer à des activités para-professionnelles d’une manière discrète, ou à peu près discrète, si je tiens compte qu’il règne jusque dans le corridor une odeur d’ammoniac qui pique le nez, et que mon bureau est couvert de petits objets qui attendent leur prochaine couche. L’odeur qui pique le nez fait oublier à ma collègue que notre équipement professionnel laisse à désirer. L’imprimante recyclée nouvellement installée, par exemple, n’imprime pas. Le technicien, qui a son bureau un étage en-dessous, vient essayer deux ou trois choses, teste, nous demande de lancer une impression, rien ne se passe, il revient plus tard, ou le lendemain, ou le surlendemain. On se contente d’aller imprimer ailleurs et on en profite pour prendre des nouvelles des collègues qui sont installées dans cet endroit ailleurs. Les rallonges électriques que nous avions demandées pour nous éclairer correctement n’ont pas été fournies. Il m’a fallu attendre plusieurs jours pour avoir une ligne téléphonique et, maintenant que je l’ai, un mauvais fonctionnement fait s’allumer pour rien un voyant lumineux sur mon appareil, ce qui donne à penser que j’ai des appels en attente, et, à l’inverse, le voyant lumineux s’éteint sur l’appareil de ma collègue, ce qui ne l’incite guère à aller écouter les messages qu’elle a reçus. J’ai l’impression de vivre en pays soviétique, bien que je n’y sois jamais allée. Soviétique ou grec.
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Badouziennes
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