J’ai dit à Emma en fin d’après-midi, après qu’elle ait passé plusieurs heures à télécharger de la musique avec sa cousine, qu’il était dommage qu’elle ne soit pas allée dehors par un temps si merveilleux. Nous étions à la campagne. J’ai ajouté que nous allions devoir nous coucher tôt le soir, en prévision d’une fête le lendemain matin, et qu’être allée dehors se dépenser physiquement l’aurait aidée à s’endormir. Elle se réveille autour de 13 heures le samedi, quand elle peut enfin aller jusqu’au bout de son sommeil. Aller au lit le même soir à 22 heures, c’est pratiquement l’empêcher de souper ! Donc je lui dis ça, en entrant prendre dans la maison un outil de jardinage et je ressors aussitôt. Je lui dis ça d’un ton très doux, comme lorsque je lui demande si elle est ma chouchou. Je suis en train de jardiner lorsque, levant la tête, je vois Emma râteler les feuilles mortes à l’autre bout du terrain. Hum… c’est louche. Regrettant déjà mes paroles, mes paroles dans lesquelles, je me répète, je n’ai senti s’exprimer aucun reproche mais plutôt une inquiétude quant au bien-être de ma fille, je me dirige vers elle. Les larmes aux yeux, elle me dit ne pas avoir désiré passer l’après-midi à télécharger, ce qui est vrai, c’est la cousine qui est venue jusqu’à elle, et patati et patata et que, surtout, je n’avais pas raison de l’engueuler !!!
Heureusement, cela s’est arrangé assez vite et je suis retournée m’accroupir là où j’en étais, en me faisant la réflexion que c’est presque inquiétant le pouvoir fulgurant de parole que j’ai sur ma fille. Des fois, pour la taquiner, je lui demande si elle aimerait que je sois « sévère ». Elle me répond, au-dessus de ses affaires, qu’elle s’habituerait.
Toujours est-il que je devrais faire attention, non seulement à mes paroles envers ma fille, mais aussi aux écrits que j’adresse à mes rares lecteurs, car m’étant plainte hier de ma solitude et de l’échec de mes entreprises, m’attendaient ce matin des messages d’affection de mes amis FB.