Je me suis couchée tard, à une heure du matin, après avoir essayé avec Emma nos nouvelles acquisitions achetées chez Omer DeSerres : crochets, aiguilles et écheveaux d’acrylique. Il me reste quelques semaines pour me pratiquer, avant d’entamer le cours de tricot que je désire suivre en janvier.
Étendue et tentant de me relaxer, dans mon lit, je me suis dit que j’aimerais faire un rêve prémonitoire, à savoir : y a-t-il un homme qui se profile dans les environs ? Or, j’ai rêvé ceci : on se rend passer des tests médicaux à l’hôpital, François et moi, et, des deux, c’est moi qui ai des résultats difficiles à interpréter qui pourraient être synonymes de cancer. Le médecin me dit qu’on doit faire d’autres tests pour en savoir plus. Il lui est impossible de se prononcer, mais ça augure mal parce qu’il n’essaie même pas d’atténuer ma peur ou de me rassurer avec des paroles qui auraient pu être, par exemple :
– Ne vous inquiétez, Mme Longpré, vous avez été testée au bon moment, vous êtes encore jeune, en bonne santé…
C’est ce qu’on avait dit à François, qui souffrait d’un cancer de stade 4 :
– On ne ferait pas tout ça, monsieur, si on n’avait pas de bonnes chances de croire que le traitement pourra vous guérir.
Dans mon sommeil, j’essaie d’évaluer si je suis dans un rêve ou dans la réalité. Je me rends compte qu’il s’agit d’un rêve mais, en même temps, il me revient à l’esprit que j’avais demandé à mon inconscient de me guider vers un rêve prémonitoire… Au secours !
J’embrasse ensuite François et j’observe son visage alors que nous sommes à un ou deux centimètres l’un de l’autre. Je le trouve terriblement beau. Ensuite, un peu dans l’esprit du rêve où je me retrouve, stoïque, en escarpins sur le fleuve St-Laurent gelé et enneigé, je me dis que chacun a son destin et que le mien me fera mourir plus tôt que je ne l’aurais pensé et que ce n’est pas plus grave.
Je me relis et j’ai des frissons.
La planificatrice financière en quelques mots : elle s’est plus tripoté les cheveux qu’Anouk Aimée dans Un homme et une femme; elle m’a appelée Mme Longchamp; elle m’a donné des exemples de cas qui n’avaient rien à voir avec le mien; elle m’a traitée aux petits oignons quand elle a découvert que je n’ai aucune dette hormis le prêt hypothécaire.