Jour 2084

Deux hommes ont attiré mon attention dans le métro cet après-midi. J’arrivais de la gare Windsor où j’ai dîné avec un ami. Je l’ai fait attendre 25 minutes parce que je me suis trompée de gare. Je l’attendais à la gare centrale, un peu perplexe qu’il ait utilisé pour nous donner rendez-vous, selon ma compréhension des choses, une ancienne appellation pour la seule gare que je connais au centre-ville. Au bout d’un moment, j’ai demandé au kiosque d’information si j’étais bien à la gare Windsor, et une fois informée que je devais me rendre à quelques rues d’où j’étais, je me suis mise à cavaler et je suis arrivée en sueur. Je n’ai pas osé enlever ma veste au restaurant car je savais, et je le sentais sur ma peau, que mon chemisier était trempé de bord en bord. Cela me désole de connaître si mal ma ville, mais je ne sors pas la découvrir pour autant.

Le premier homme dans le wagon du métro sur le chemin du retour était asiatique, plutôt costaud quoique pas très grand, belle tête carrée, cheveux très courts qui lui faisaient un tapis d’épis sur la tête. Il était avec sa fillette, je dirais d’au maximum trois ans. Pour que la petite ne soit pas debout tout le temps, ayant trop chaud avec son manteau, son bonnet et ses mitaines, je leur ai cédé ma place. L’homme m’a remerciée. Il s’est empressé de s’asseoir et a installé son enfant sur ses genoux d’un mouvement rapide. Hop là. Je les ai discrètement observés. L’homme portait sur son dos comme si c’était le sien, et comme s’il était de format adulte, le sac à dos de sa fille, une espèce de petite pochette d’un imprimé zébré.

Quelques bancs plus loin, je remarque un autre homme, grand, méditerranéen, très beau, déjà assis avec sa fillette, à peu près du même âge que la première, sur ses genoux elle aussi. Il tenait une poupée Barbie à la main, celle qui a les cheveux bruns, je pense qu’elle s’appelle Teresa, pendant que sa fille jouait avec la Barbie originale, celle qui a les cheveux blonds.

Dans le métro encore pour aller à mon cours qui n’avait pas lieu en classe mais à la Maison de la culture Ahuntsic, je me suis trompée de correspondance de la station Jean-Talon. Trop habituée à transiter par cet endroit, je m’en retournais à la maison plutôt que de me rendre en direction Henri-Bourassa. Sur l’étage comme si j’allais à la maison, j’ai croisé trois musiciens : un pianiste et chanteur, un bassiste qui s’en sortait parce que sa partie consistait à ne jouer qu’une note à la fois, et un guitariste de niveau moyen. Comme je passais devant eux ils jouaient Hey Jude et, à parler franchement, travail d’équipe, ce n’était pas si mal. Sur l’étage qui devait me mener à l’exposition, où j’ai fini par aboutir, il y avait un seul musicien, doué, qui jouait de la musique tzigane sur sa guitare. Je me suis demandé s’il était seul par choix, le contraire de moi.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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