Il m’est difficile de trouver le temps et la concentration d’écrire. D’abord, j’ai vécu l’expérience de l’entrevue de lundi, qui m’a mise au lit à 20h00 deux soirs de suite. Ensuite, il était prévu depuis longtemps que je me rende avec Yvon, après le travail, à la Triennale québécoise 2011 que présente le Musée d’art contemporain. J’y suis donc allée mais très fatiguée, en traînant de la patte. J’ai particulièrement apprécié les performances vidéos, plus elles étaient longues mieux c’était, parce que j’en profitais pour m’asseoir. Mieux éduqué, Yvon restait debout, surtout qu’il portait des pantalons neufs qu’il ne voulait pas couvrir de poussière. À la fin de notre visite, j’ai essayé d’exprimer ce que j’avais retenu des œuvres et des artistes. Aucun mot ne s’est présenté à mon esprit, et ce n’était pas à cause de la fatigue. Après y avoir un peu réfléchi, aujourd’hui je pourrais dire ceci : certaines œuvres ressemblaient à certaines expérimentations que j’ai faites jusqu’ici dans le cadre de mon certificat. Je pense à un homme, sur vidéo, qui accumule des armoires les unes sur les autres, les armoires tombent, il recommence, tentant d’obtenir un semblant de colonne. C’est ce que j’ai fait chez André à St-Raymond, j’ai éliminé le chaos d’une pièce abandonnée en en sortant tout le contenu, à savoir trois pieds d’épaisseur partout sur le plancher. Ensuite, à partir de ces objets, j’ai édifié des colonnes allant du plancher au plafond. Yvon, au fait de mon édification de colonnes à St-Raymond, a pensé que la vidéo des armoires m’aurait plu, mais pas vraiment. Quand je fais ce genre de folie, je fais un genre de folie, justement. Je ne fais pas une œuvre représentative de l’art québécois contemporain exposée dans un musée. Mais, en art comme en d’autres domaines nombreux, il y a beaucoup beaucoup de choses qui m’échappent, de telle manière que je préfère ne pas me prononcer.
Au travail, les patronnes m’ont intégrée à un comité qui va se réunir de façon soutenue ces prochains mois, en prévision d’un déploiement qui va changer la vie de la communauté universitaire en matière d’information académique d’ici fin 2012. Les réunions –et les déplacements qu’elles engendrent– risquent fort de me priver de mon heure d’écriture le midi. Heureusement, mon cours de sculpture se termine bientôt, mais tout est à faire en ce qui concerne mon enquête sur l’habitat. Je pense aussi que le fait de vivre seule m’incite à accepter des invitations qui occupent le peu de temps qu’il me reste de libre. Je n’aurais pas honoré ces invitations avoir été en couple, parce qu’être en couple, rien que ça, sans rien faire, occupait déjà beaucoup de mon temps. Cela m’amène à François. Il était dans mon rêve cette nuit, très beau, toujours aussi vibrant.