Aujourd’hui il n’y a rien qui vient, rien à dire. C’est comme lorsqu’on s’installe sur le divan de la psychanalyste et qu’on ne dit rien. En fait si on ne dit rien ça veut dire qu’on boude, et à ce moment-là on dit beaucoup mais sans les mots. On peut aussi arriver chez la psychanalyste et dire qu’on n’a rien à dire. C’est probablement ce que préfère la psy car le patient n’a rien de préparé, tout le discours se construit au fur et à mesure. Il m’est arrivé souvent de m’installer sur le divan et de pousser un grand soupir. Si la psy ne me demandait pas la raison de ce soupir, je soupçonnais que c’était son tour de bouder. Si elle le demandait, je me disais qu’avec la connaissance qu’elle avait de moi, elle aurait dû savoir à l’avance la nature du soupir, comme on reconnaît les pleurs du bébé. Mais je pouvais aussi choisir d’enchaîner moi-même sur la nature du soupir, sans laisser trop de place aux interférences de diverses natures, pour aller plus vite et faire plus simple.
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Badouziennes
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