En me rendant au travail ce matin après avoir quitté mes amis ontariens au coin de la rue, je me suis rendu compte à quel point j’aime le verbe Laisser.
Laisser venir les mots, je l’ai déjà écrit. Laisser les couleurs et les formes me guider, sur toile ou autrement. Laisser tomber, quand ça ne mène nulle part. Laisser faire, quand ça nous exaspère. Laissez venir à moi les petits enfants, dans l’évangile. Laisser le hasard me guider vers les gens, les événements. Laisser la vie me porter. Mais on dira d’une personne qu’elle se laisse aller et ce ne sera pas positif.
Je me rends dîner avec Y.M. La dernière fois que je l’ai vu, il se remettait d’une importante opération à l’hôpital St-Luc, il y a six mois. Je le trouve amaigri mais en forme et toujours aussi souriant. Je lui demande comment cela fonctionne pour ses rendez-vous de suivi. Je veux dire quelle est leur fréquence, ont-ils lieu à la maison ou à l’hôpital, est-ce qu’il doit faire des examens réguliers comme des prises de sang ou des échographies ou … etc. Mais Y. me répond, laconique :
– Bien, j’ai des rendez-vous et j’y vais
Cela me fait penser à Emma qui m’explique un jour comment fonctionne une piscine à vagues, dans les installations nautiques de Pointe-Calumet. Elle me dit :
– C’est une piscine, maman, et il y a des vagues.