J’ai fait monter sur un châssis de bois une toile de grand format, 4 pieds par 6 pieds, que j’ai peinte à l’acrylique cet été. On dirait des continents colorés qui se côtoient. En m’inspirant d’une parole d’une prof qui suggérait de toujours aller plus loin et de repousser les limites –j’ai déjà écrit là-dessus, donc je commence à me répéter–, j’ai voulu faire un motif sur lequel se superpose un motif, sur lequel se superpose un motif, sans que l’on perde de vue la rencontre des trois entités. Au final, il s’avère que chaque motif est passablement chargé, alors seul le temps, je pense, me dira si c’est intéressant. Comme je devrai revenir à la maison avec la toile encadrée, et que ce sera moins pratique que d’en partir avec la toile enroulée transportable d’une seule main, je me suis adressée à un artisan du quartier. Je n’aurai qu’un coin de rue à marcher. Je n’avais pas envie de faire affaire avec lui parce qu’à deux reprises je lui ai parlé et ne l’ai pas trouvé sympathique, mais hier, juste pour me faire mentir, il l’a été. Il expose des œuvres de ses clients dans ses vitrines. Bien sûr, j’aurais souhaité qu’il me propose de le faire avec mes continents. Je me console en me disant que plusieurs artistes n’ont pas eu connaissance de leur succès posthume. Je me dis aussi que, de façon générale, je ne devrais pas me préoccuper autant de la reconnaissance. J’aurai l’occasion d’y revenir.
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