Jour 2142

Quand elle était petite, cinq ou six ans, Emma a reçu en cadeau de Noël la version audio du film Beethoven habite à l’étage sur une cassette à ruban. La première fois que je l’ai écoutée, j’ai pleuré, particulièrement à la fin. Et, quand j’y pense maintenant, dix ans plus tard, mes larmes ne sont pas loin. C’est l’histoire de Beethoven, qu’on décrit habituellement comme étant brouillon et mal organisé dans sa vie personnelle. Il aménage dans une maison que l’on devine modeste, au-dessus d’un logement où habite une famille. Dans cette famille, il y a un petit garçon qui s’appelle Christophe. La fin de l’histoire, curieusement, est vague à ma mémoire, or il me semble que c’est la fin qui m’avait fait pleurer. Je pense que Christophe rencontre par hasard son ancien voisin, bien des années plus tard. En vieillissant, Christophe a découvert que Beethoven n’est pas un homme ordinaire mais un musicien génial. Ému, il s’avance pour le saluer. Beethoven penche la tête, touché, timide, trop avancé dans sa surdité pour pouvoir s’exprimer. Mais je pense que même s’il avait été bien entendant, Beethoven aurait quand même regardé le bout de ses souliers et n’aurait pas su quoi répondre à l’expression de gentillesse du garçon.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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