Jour 2141

Après le travail, j’avais à faire un déplacement dans le quartier Berri-UQÀM. J’y vais souvent, c’est là qu’ont lieu mes cours d’arts plastiques. De là, il était 19 heures, j’ai eu envie de marcher sur la rue Ste-Catherine jusqu’à la rue Guy pour y prendre l’autobus 165 et rentrer chez moi. J’étais mal chaussée, en bottes aux talons à la stabilité douteuse, mais le temps doux a été plus fort que l’inconfort dans ma décision.

En cours de route, pour le plaisir, je me suis arrêtée au magasin La Baie. En cherchant beaucoup, parce que tout y est cher, m’a-t-il semblé, malgré l’annonce des soldes extraordinaires, j’ai trouvé, pour 12 $, une ceinture qui m’a plu. J’ai flâné au rayon de la parfumerie et je me suis vaporisé un jet généreux de Oscar de la Renta, par amitié pour une collègue qui m’a fait découvrir ce parfum. D’une flânerie à l’autre, je suis ressortie et j’ai bel et bien marché jusqu’à la rue Guy.

Il me semblait que c’était la première fois depuis des lustres que je me retrouvais au centre-ville. Pourtant j’y suis allée en mai, au concert de fin d’année d’Emma, dont l’école est sur la rue University. Peut-être y suis-je même allée à une autre occasion plus récente ? Je ne sais plus. Je me suis demandé si c’était le fait d’avoir tant travaillé, ces derniers temps, qui créait une sensation d’émerveillement du seul fait de me changer un peu les idées en marchant dans la foule, seule avec moi-même. Ou est-ce parce que je passe tous mes week-ends à la campagne et qu’en ville je ne sors jamais ? Il m’a même semblé, dans l’autobus sur le chemin du retour, que c’était la première fois que je me retrouvais dans un modèle articulé. Il me semble que cela ne se peut pas, depuis le temps qu’ils existent et depuis le temps que je circule en transport en commun. Étrange. J’ai fini par me demander, plus fondamentalement, si je n’étais pas tout simplement en train d’émerger du monde de la maladie et de la mort.

Dans la dernière portion de mon trajet, je suis passée, à pied, devant l’atelier d’encadrement. Mon œuvre y est visible, je l’ai aperçue appuyée sur d’autres toiles, dans un coin et dans un tas, en attente d’être récupérées par leur propriétaire. Ce matin, en venant travailler et devant repasser par là, je l’ai prise en photo à travers la porte vitrée. Ma première exposition en lieu public !

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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