Jour 2128

Seigneur, tout un rêve cette nuit. Je suis avec le père de ma fille, que nous appellerons Jacques-Yvan. Nous parlons à une table, assis l’un près de l’autre, seuls, dans un endroit que je ne connais pas. Je me sens déchirée, comme Kate Winslet dans Revolutionary Road. Kate se rend compte que son mari ne s’intéresse plus à l’amour, or c’est le moteur de son existence à elle. Il lui annonce cavalièrement qu’il a eu une relation avec une employée. Il est devenu cadre dans son entreprise et il se comporte en homme banal, superficiel, à mille lieues de l’homme qu’elle a connu et aimé dix ans auparavant. Elle n’a pas les moyens de le quitter et de changer sa vie, d’autant qu’elle est enceinte de leur troisième enfant.

Pour ma part, je suis habitée par un amour plus grand que nature. Je ressens d’ailleurs physiquement, dans mon rêve, des vibrations qui émanent de mon cœur et qui irradient ensuite dans tous mes membres. J’aimerais faire don à Jacques-Yvan de cet amour pur qui circule en moi, mais je sais qu’il n’est pas l’être auquel s’adresse mon offrande. J’aime cet homme et je désire vivre auprès de lui, j’aime cet homme tout en sachant que les années que nous avons partagées nous ont séparés.

Je lui montre un bobo que je me suis fait sur un coude. J’hésite à lui demander de le toucher. J’aimerais le lui demander, par poésie, par intimité, mais je crains de le faire car ce genre de petite poésie pouvait le mettre hors de lui, dans la vie concrète que nous avons partagée pendant quinze ans.

Puis J.-Y. se lève et devient mon père, et voici ce qui arrive à mon père : alors que je demeure assise, papa se lève pour aussitôt, défaillant, s’écraser sur mes cuisses. Il pleure toutes les larmes de son corps. Les larmes, les hoquets et les tressautements n’expriment pas une souffrance mais, encore une fois, de l’amour pur, si grand, si beau, si fort, si envahissant que le corps, incapable de contenir cette puissance, ne peut rien faire d’autre que se craqueler et s’effondrer.

Avatar de Inconnu

About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
Cette entrée a été publiée dans 2 200 textes en 10 ans. Mettre ce permalien en signet.

1 Response to Jour 2128

  1. Avatar de Badouz Badouz dit :

    Bonjour Claude, juste un mot en passant, je suis en train de lire les commentaires que j’ai reçus sur mon blogue. Je voulais te dire qu’en parlant hier avec une collègue au téléphone, elle m’a annoncé que son fils, 13 ans et demi, s’appelait … Clovis ! Je lui ai dit que j’aimais beaucoup le prénom de son fils.

    J’aime

Laisser un commentaire