Je pense au radeau sur l’eau que j’essaie de construire avec des savons Ivory et des condoms. C’est très laid, cela dit en passant. Je trouve intéressant qu’il n’y ait rien qui me tente des idées qui me viennent à l’esprit pour compléter le projet car je les ai, me semble-t-il, toutes exploitées dans mes cours précédents. Il n’y a rien, non plus, que j’ai envie d’écrire des choses que je vois et que je fais ces derniers temps. En me référant à ce que j’ai écrit hier, je vis peut-être le syndrome de la plume. Le syndrome de la plume, non pas celle de l’écrivain mais celle de l’animal volatile, consiste à ne pas savoir exploiter ma légèreté nouvelle. Au lieu d’essayer de flotter, je me contente de constater que je n’ai jamais flotté et il ne me vient pas à l’idée d’essayer. J’endosse l’habit de Tomas après avoir passé ma vie dans les jupes de Tereza, deux personnages de Kundera chers à mon cœur. En même temps, il n’y a rien de plus faux : Tomas multiplie les aventures et rencontre de nouvelles femmes à chaque jour, alors que je ne rencontre à peu près personne dans ma vie quotidienne. Ça aussi, je l’ai déjà écrit. En tout cas, le rêve que j’ai fait la nuit dernière est l’exact contraire de la vacuité qui sévit dans ma vie. J’entretenais une relation amoureuse avec deux hommes, en cachant à l’un l’existence de l’autre, et vice versa. Cela m’est déjà arrivé dans la réalité, pendant plusieurs années. Les premières semaines, je cachais à l’un l’existence de l’autre mais, très vite, je n’ai plus eu besoin de cacher quoi que ce soit à l’un ou à l’autre, sauf à mon père qui ne voulait rien savoir de celui des deux qui était le plus vieux. Ah ! quelle vie j’ai menée quand j’étais jeune et comme, en comparaison, c’est tranquille aujourd’hui !
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Badouziennes
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Une autrice illustrement inconnue !
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