Jour 2110

Lundi de l’Action de Grâces. Emmanuelle me demande de quitter la campagne plus tôt que prévu parce qu’elle a besoin de feuilles de cartable lignées et perforées pour poursuivre son très long devoir de mathématiques qui l’a occupée une bonne partie du week-end. Elle a, me dit-elle, de telles feuilles à la maison, à Montréal. La cousine qui aurait pu la dépanner n’en a pas. Tantine non plus. Le magasin à 1$ est fermé, congé férié. Alors nous sommes parties plus tôt. Emmanuelle semble avoir réfléchi à son affaire pendant le trajet car elle m’a demandé si la pharmacie Jean-Coutu était ouverte. Je lui ai demandé de préciser sa pensée et elle m’a tout expliqué. Elle a acheté il y a un an un gros paquet de feuilles qui est resté sur son bureau, dans sa chambre, chez le papa. Cette année, elle s’est dit que le paquet n’était pas utile là où il était puisqu’il n’avait pas servi de toute l’année passée, alors elle l’a apporté dans son casier, à l’école. Du coup, plus de feuilles chez le papa, et peut-être qu’il n’y en a jamais eu chez la maman. Mais, du tas dans le casier, Emma en a pris une bonne quantité qu’elle a mise dans son cartable mauve, qui était dans son sac-à-dos, qui était avec nous à la campagne ce week-end. Or, peu de jours avant le week-end, et en nous rappelant à quel point il a fait beau et chaud, Emma a enlevé les feuilles du cartable pour mieux s’éventer en cours de français car, avec les feuilles dans le cartable, cela éventait mal. L’histoire ne dit pas où sont allées les feuilles retirées dudit cartable. Je me suis donc arrêtée au Jean-Coutu, Emma a fait son achat pendant que je l’attendais dans la voiture, n’ayant pas d’endroit pour me stationner. Mon porte-monnaie en main, elle en a profité pour acheter deux pousse-mines en boni. Un jour, je n’aurai plus droit aux aventures exquises de ma fille et de ses feuilles de cartable. Ce jour peut prendre son temps car je n’ai pas hâte qu’il arrive.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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