J’ai adhéré un peu rapidement à l’interprétation de dérive de la senior, j’en reviens à mon bateau sur l’eau. Je me suis laissé impressionner par le mot, et par le fait qu’il sortait de la bouche d’une femme qui respire une certaine maturité. Aujourd’hui, et la plupart du temps, je me sens en pleine possession de mes moyens.
J’ai mangé ce midi avec une amie que je ne vois pas souvent. Elle m’a demandé comment j’allais. Je suis passée très près de lui répondre que, veuve, je me sentais seule, mais je lui ai plutôt répondu que tout allait bien, et c’est vrai. Ça fait un peu peur, quand même, d’affirmer ainsi mon bien-être, ma sérénité. Cela m’incite à craindre que ça se mette à aller moins bien dans certains aspects de ma vie. Or, je sais pour l’avoir vécu –comme d’ailleurs la plupart des gens– qu’il arrive que ça se mette à aller moins bien pour certaines choses, pendant que d’autres se mettent à aller mieux. C’est ce qui constitue, je trouve, la richesse de la vie. Des facettes scintillent pendant que d’autres s’assombrissent, la lumière change constamment, des reflets se créent et s’estompent, il y a tout le temps du mouvement.