Jour 2108

Il est arrivé quelque chose dans le métro qui m’a beaucoup plu. Je me rendais au centre-ville, après le travail, rencontrer Emmanuelle pour magasiner aux Ailes de la mode en prévision d’une fête qui se veut un peu chic pour les seize ans d’une amie. J’étais assise sur la banquette de gauche. Un jeune homme d’une vingtaine d’années est venu s’asseoir sur la banquette de droite. Nous étions séparés par l’espace étroit de l’allée. Cet homme était accompagné de deux autres, qui se sont installés derrière ma  banquette, nous étions donc dos à dos eux et moi. Pour pouvoir converser avec eux, l’homme à ma hauteur s’est installé sur la banquette en direction de ses amis, les jambes bien écartées, les bras appuyés sur les cuisses, le tronc incliné pour être encore plus près et les entendre parler. Toujours est-il qu’il était pas mal collé sur moi, mon bras contre le sien. Sa bouche était très près de mon oreille. Il m’a semblé que c’était la première fois de ma vie que j’entendais de si près s’articuler des mots en anglais. C’était très intime comme contact et en même temps complètement anonyme. Je suis pas mal certaine que le jeune homme ne s’est pas rendu compte qu’il me touchait. Sous l’effet d’une secousse, le métro m’a légèrement déportée, mon bras appuyant encore davantage sur celui de l’inconnu. Je l’ai fait exprès d’exercer une pression de mon bras sur le sien pour vérifier s’il allait manifester une réaction quelconque. Rien du tout. Je l’ai entendu se moquer de l’un des deux amis, lui trouvant un air « fifi » avec ses cheveux longs et bouclés. Je ne savais pas que les Anglos utilisaient le mot fifi. En fin de compte, ce fut mon contact physique de la journée avec un représentant du sexe opposé. Heureusement, je comble largement le manque avec les innombrables enlacements et embrassades que nous nous faisons, Emma et moi.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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