Suite brève au dossier DSK : mon libraire me dit qu’un coureur de jupons n’est habituellement pas un violeur. Ce qui n’est pas un viol pour un Français peut-il en être un pour une Américaine ? Bonne question.
En cours hier soir, nous avons vu un film sur le sculpteur Giuseppe Penone. Bel homme, me suis-je dit dès l’abord. Grand, mince, peau mate, cheveux poivre et sel plutôt longs. Dans les premières minutes du film, il est assis et commente son œuvre de façon générale. Puis il se lève, marche jusqu’à l’une de ses toiles, au mur, devant laquelle il s’arrête en faisant un mouvement de hanche qui m’est bien familier. Né en 1947. Portant des chemises à manches longues repliées jusqu’aux coudes. J’aurais volontiers écouté en boucle ce film d’une petite demi-heure. J’étais aux anges. J’étais avec François.
Je suis fascinée par l’histoire de DSK. Tous les ingrédients y sont : l’argent, les relations, le pouvoir, mais aussi la culture, l’intelligence, l’amour, le don de soi à l’autre (Anne à Dominique mais peut-être autant Dominique à Anne), l’ouverture d’esprit, la liberté, une certaine dose de délinquance qui pimente la vie. Puis arrive l’information à la télé selon laquelle l’homme qui affirmait être le frère de la victime n’est pas son frère. Du coup, envisageant qu’il puisse s’agir d’un vain complot, je me mets à espérer que DSK soit, un jour, président de la République. Mais pour l’instant, à New York, Dominique vient d’apprendre qu’il ne couchera pas en prison ce soir, mais avec les siens dans un lieu protégé.
Cela me ramène à François qui se fait annoncer, le samedi, avoir une tumeur cancéreuse, assez grosse, au cerveau. « C’est une bien mauvaise nouvelle », nous dit l’urgentologue en s’enfuyant pratiquement une fois ces paroles prononcées. Puis, coup de théâtre, peut-être une heure plus tard, un jeune résident, ressemblant à Brad Pitt avec son perfecto et ses lunettes fumées, vient nous voir et pense qu’il est peut-être possible d’éradiquer la tumeur. « Soyez à l’hôpital lundi matin à 9 heures et nous nous occuperons de vous ». Alors, de la fin du monde dans laquelle nous nagions depuis deux jours d’urgence à l’Hôpital général juif, nous passons à un retour extrêmement réconfortant à la maison.
J’aime François.
Je vois Anne et Dominique à la télévision et je les trouve trop gros. Cela me fait beaucoup de bien. Cela annonce la fin de la fascination.
Je vois un jeune couple assis sur un banc public au terminus Montmorency en sortant de mon cours. L’homme a passé son bras autour des épaules de sa compagne. Je me demande s’il est possible que je termine ma vie sur terre sans jamais revivre ce contact d’un bras aimé qui vient m’enlacer.
Je me réconforte comme je peux. Jack Lang dit du couple Anne-Dominique, qu’ils sont un équipage. On nous disait à l’hôpital que nous formions, François-Lynda, une bonne équipe.