Jour 2185

Ça fait vingt ans que je travaille pour gagner ma vie et ça fait vingt ans que j’ai de la misère à finir la semaine tellement je trouve ça exigeant physiquement. Alors ce matin, vendredi, le réveil a sonné à 6h30, comme d’habitude, mais je ne l’ai pas entendu. Miraculeusement, la radio s’est mise à jouer toute seule dans la cuisine, à 7h25, et cela m’a réveillée. À partir de là, il s’est passé plein de choses qui ne m’ont pas empêchée d’arriver à 9h à l’université. Au nombre de ces choses, mentionnons que j’ai ramassé ici et là en cours de route du matériel pour mes projets artistiques, vendredi étant un jour de poubelles dans mon quartier, et que j’ai fait signe à un homme de peau noire qu’il échappait un billet de 5$, mais cet homme n’était pas celui de la Jaguar bleue.

Pour le compte rendu de la visite d’exposition que nous devons remettre à la prof, j’ai décidé de me consacrer à Rodney, l’homme à cheval. Je vais tenter de commenter l’oeuvre à ma manière, sans m’inspirer des critiques et des historiens de l’art. Il n’empêche que le sujet que j’aimerais le plus développer, c’est le drame qui est survenu entre Carl Andre, un artiste minimaliste dont une oeuvre fait partie de l’exposition au Musée d’art contemporain, et sa femme Ana Mendieta, une artiste féministe. Le guide nous a raconté brièvement que Carl Andre avait été accusé du meurtre de sa femme en 1985, puis acquitté –on parle donc d’un suicide. Le couple était marié depuis seulement huit mois, il y a eu une querelle très bruyante dans leur appartement de Greenwich Village, des voisins auraient entendu la femme crier No, no, no, no, puis elle serait tombée du 34e étage. Seul Carl sait ce qui est arrivé.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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