Un proche m’informe que papa est fatigué, qu’il travaille trop sur son terrain, qu’il n’est plus capable d’entretenir sa maison lui-même. À l’entendre, il est à l’article de la mort. Inquiète, je me rends sur place pour vérifier. Papa ne semble pas trop mal. Il se fait bronzer sur sa terrasse, c’est dimanche, jour du Seigneur, jour de repos. Nous faisons le tour de ses plantations, nous rencontrons la maman canard qui est en train de couver dans le boisé où papa a l’habitude de travailler, il l’appelle Cocotte. Je lui demande comment il se sent, il ne répond pas trop, il va bien, son attention est attirée par des mauvaises herbes mais il me dit :
– On y verra demain.
Pour tirer l’affaire au clair, je lui demande comment ça se fait qu’untel le dit mal en point. Papa sourit et se contente de répondre :
– Faire et laisser braire.
J’insiste, je lui dis que ça me fait chier que l’on dise ainsi n’importe quoi, que l’on déforme autant la réalité, que je me suis inquiétée, bla-bla. Toujours souriant, papa me dit que bien des gens constipés paieraient cher pour être dans ma situation.
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Badouziennes
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Une autrice illustrement inconnue !
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