Le vendredi, l’été, est un jour de congé à l’Université. Mais je choisis d’écrire pareil. À l’arrière-plan de ma pensée, il y a toujours DSK. Quel sera son visage la prochaine fois que je le verrai à la télévision ? Si son visage est semblable à celui du 6 juin, je vais penser qu’il va mieux et qu’il a terminé sa descente. Je m’en voudrai de m’être fait du souci pour lui. Si son visage est encore plus ravagé, je vais penser qu’il ne lui reste que quelques semaines à vivre, ayant déjà décidé de se suicider. Ma nature sensible qui se préoccupe d’autrui sera alors attendrie. Il est bien entendu possible qu’affichant un visage pas trop transformé, il se suicide quand même. Je m’en voudrai alors de n’avoir pas été assez perspicace.
La perspicacité, ici, a quelque chose à voir avec de l’orgueil mal placé. Un exemple, le film Incendies de Denis Villeneuve, pour ceux qui l’ont vu et qui s’en souviennent : Simon dit à sa soeur jumelle :
– Un plus un, ça fait deux, mais est-ce que un plus un peut faire un ?
Et, là, je me suis demandé :
– Qu’est-ce qu’il veut dire ? Il est en train d’annoncer la clef de l’énigme, comment ça se fait que je ne la trouve pas ?
Voyant que le film passait à un autre plan et que l’énigme allait nous être expliquée sous peu, je me suis entendu me dire dans ma tête :
– Dis-moi pas que je ne la trouverai pas !