Le projet du foulard rouge m’amène vers des territoires inconnus. Il va falloir que j’apprenne à maîtriser un logiciel qui me permettra d’étirer les photos, de les assembler, de les manipuler sur une très grande surface si je veux accumuler au moins cent visages. Je présente mon projet avec sérieux lorsqu’on me demande ce que je veux faire au juste. Je parle de détachement et de valeurs humaines mais, dans le fond, les idées me viennent spontanément, sans justification. Quand j’explique ma démarche, j’ai l’impression de jouer dans une pièce de théâtre ou, plus précisément, dans une joute d’improvisation. En fin de compte, c’est parce que je ne me prends pas au sérieux. Je ne me rappelle pas dans quel contexte le foulard de tante Aline s’est retrouvé dans mes mains, mais je me rappelle que le voyant, et lorgnant l’oncle HP au bout de la table, je me suis dit :
– Ce serait amusant de se le mettre sur la tête, bien noué sous le menton pour avoir l’air un peu fou.
C’est comme ça que tout a commencé, et maintenant j’ai 47 visages et on me demande où est-ce que l’oeuvre sera exposée !
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Badouziennes
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Une autrice illustrement inconnue !
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