Je pense au conducteur de la Jaguar bleue. J’ai essayé de l’installer dans un texte, peu après notre rencontre, mais j’ai tout juste réussi à le croiser, à pied, sur le campus de l’Université. Ni l’un ni l’autre ne nous sommes arrêtés pour nous saluer, ou pour tenter une autre forme de rapprochement minimal. Ce non-échange est révélateur de l’état général dans lequel je baigne depuis quelques semaines. Je sens que ma vie ne se déroule pas normalement. Elle n’est pas riche comme je voudrais qu’elle le soit parce que l’amour avec un être vivant en est absent. En même temps, il m’est impossible d’imaginer qu’une relation nouvelle pourrait se créer, comme si cette richesse d’aimer devait être à jamais exclue de ma vie, comme si j’avais commis une faute archigrave qui me vaut la pire des punitions. Alors je croise un homme et il ne se passe rien. Le vide, le néant, c’est exactement cela, la pire des punitions.
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Badouziennes
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Une autrice illustrement inconnue !
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