Emmanuelle a peint le mur avant de la fondation de ciment à la maison de Montréal. Une belle couleur taupe, assez semblable à celle des nouvelles fenêtres Pella. Mis à part qu’elle a marché pieds nus dans un caca de chien, qu’elle s’est pratiquement assommée contre le bord de la galerie en voulant peindre en-dessous, qu’elle a donné un coup de pinceau dans une vitre sous l’effet du choc, qu’elle a vite mouillé son t-shirt avec sa bouteille d’eau pour essuyer la vitre, (je ne sais pas ce qu’il est advenu du t-shirt, tiens, elle ne me l’a pas dit), qu’elle a eu soif n’ayant plus d’eau… mis à part ces quelques détails, donc, tout a bien été.
Elle m’a téléphoné au travail pour me décliner les étapes de son aventure que je viens de décliner moi-même. Elle m’a enfilé ça tout d’une traite à la vitesse grand v, j’étais crampée de rire.
Après le travail, une fois arrivée à la maison, j’ai entamé la peinture du long mur latéral. J’ai demandé à Emmanuelle si elle voulait aller nous acheter des sushis pour souper. Fraîchement douchée, elle me dit :
– Moi, maman, je ne sors plus d’ici, voulant exprimer qu’elle en avait assez fait et qu’elle désirait se reposer.
Comme c’est doux à l’oreille. À son âge, je faisais tout pour n’être jamais à la maison.