Jour 2172

D’abord une chose. J’ai décidé, en marchant entre le métro Snowdon et la maison, de changer radicalement ma façon d’être et ma façon d’appréhender l’univers. Plutôt que de vivre comme une femme fondamentalement conçue pour être en couple, comme cela a été le cas jusqu’en octobre dernier, je vis dorénavant comme devant terminer mon parcours sur terre dans la solitude et le célibat, deux mots qui m’inspirent une grande sécheresse. Rien que d’y penser j’en frémis mais, qui sait, je vais peut-être m’habituer.

Et puis cette autre chose. Quand je suis bousculée par des événements qui s’accumulent, ou écrasée par des responsabilités qui me pèsent, je me réconforte en me disant qu’une fois ces turbulences derrière moi, je prendrai plaisir à me mettre du vernis à ongles, bien installée dans ma causeuse à la campagne. Ou que je finirai Les trois mousquetaires, commencé en mars dernier et pas encore fini parce que je suis trop occupée, et que je relirai deux fois de suite les passages qui m’auront plu pour le plaisir de l’exotisme que constitue de nos jours l’imparfait du subjonctif. Or, quand la vie se calme et m’offre enfin des moments de repos, je ne choisis jamais le vernis, je vais dehors transplanter des arbustes, arracher des racines, couper des branches, ou encore, s’il pleut, je démarre une nouvelle toile avec mes pinceaux et mes tubes d’acrylique.

Ou alors ceci : quand je vivais en famille reconstituée, j’étais obsédée par le désordre dans la maison, la saleté, je tournais la tête et il me semblait que tout, autour de moi, avait un aspect négligé, mal entretenu. J’en souffrais véritablement. Or, depuis que je vis seule avec Emmanuelle une semaine sur deux, la maison est presque toujours en désordre et cela ne me dérange pas. C’est bien pour dire, ma sœur est venue m’aider quand je me suis cassé le bras, et j’ai trouvé le moyen de l’amener à une galerie d’art plutôt que de la regarder frotter.

Ou encore cela : quand l’appartement où j’habite était pourvu de vieilles fenêtres à poulies à peu près impossibles à ouvrir qui claquaient dès qu’il y avait du vent, je rêvais du jour où j’allais nettoyer les vitres avec application, par dedans et par dehors, en haut et en bas. Et depuis que j’ai les fenêtres Pella hyper faciles à nettoyer de tous les côtés parce qu’on peut les basculer vers l’intérieur, je ne les lave jamais !

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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