À St-Raymond chez André, ce week-end. Je suis allée défaire mon installation artistique et j’ai mis à la récupération et à la poubelle une grande partie des matériaux que j’ai utilisés. Cela s’appelle de l’art éphémère.
Une amie vient saluer André. Nous passons plus de temps à bavarder, elle et moi, qu’André avec elle. Elle me raconte son aventure. Son compagnon est décédé il y a un an et demi. Ils étaient ensemble depuis une dizaine d’années. Amoureux. Mais se trouvant seule, elle découvre que sa vie est plus facile, elle ne passe pas son temps à se demander si elle a blessé l’être cher à son coeur, si elle a bien fait de lui dire ceci, il aurait peut-être été préférable qu’elle lui dise cela, la fois de tel événement…, etc. Du coup, elle se sent comme une traîtresse. Elle devrait souffrir de l’absence de l’homme aimé, mais non, la sensation générale qui l’habite est celle de la légèreté. Se découvrant légère, cela ne s’arrête pas là, elle se demande si elle a véritablement aimé cet homme. Peut-être a-t-elle passé ces dix années à attendre le dénouement qu’elle connaît maintenant, celui d’être délestée. Elle se sent tellement peu sûre d’elle et de ses sentiments, qu’elle n’ose pas s’adresser à son compagnon, lui parler tendrement dans l’au-delà je veux dire, lui demander son avis et espérer un signe.
En conséquence,, le voyage à St-Raymond, les six heures de route à suivre des motorisés et des cortèges de motos bruyantes –c’était un long congé– prennent tout leur sens.