Voici le récit des événements qui ont mis fin à ma journée d’hier, à partir de 17 heures quand j’ai quitté le travail. J’ai marché jusqu’à la clinique médicale du Sanctuaire où j’avais un rendez-vous. J’ai reçu le traitement du médecin en essayant de ne pas succomber à la tentation de m’endormir car j’étais allongée. Pour réussir cela, je disais n’importe quoi –je lui ai demandé par exemple si la pièce était éclairée au laser, je voulais dire à l’halogène, mais même si j’avais dit à l’halogène, on peut se demander quel était l’intérêt de la question. Comme le médecin a fourni des réponses très longues à mes questions, je dirais que ma stratégie anti-endormissement a été efficace mais qu’elle aurait pu l’être plus.
C’est bien pour dire à quel point je n’ai pas le sens de l’orientation. Je me suis presque perdue en marchant dans le boisé qui longe le complexe du Sanctuaire en direction de l’université. J’y ai pris le métro et je suis sortie à Snowdon. J’avais l’impression que mon parcours s’étirait comme un élastique et qu’il n’allait jamais finir. Je marchais de plus en plus lentement, j’avais de plus en plus chaud et je me sentais de plus en plus faible.
J’arrive à la maison et je prends quand même la peine de ramasser le bac de récupération et de le monter, j’habite à l’étage. Je me change en essayant de trouver ce qu’il y a de plus léger dans mes affaires, une jupe et un petit haut. Je me fais un sandwich aux tomates, et je le mange. Il est 19h15. Je m’endors aussitôt dans une béatitude totale. Vers minuit, la chatonne me réveille et je décide de la laisser miauler. Elle finit par venir se coller contre ma joue, sa queue me caressant. Poursuite de la béatitude jusqu’à 7 h. Conclusion : soit affaire de vieillissement comme mon collègue me l’a suggéré hier, soit exagération de mes activités du week-end dernier, mais en fait il y a un peu des deux, j’étais exténuée.