Je suis vêtue, pour une troisième journée de suite, de ma robe achetée aux Ailes de la mode en solde à 20 $. J’en ai parlé à une amie qui m’a dit :
– Porte-la mercredi quand nous nous verrons.
Le lendemain nous ne nous voyons pas parce que la pluie a annulé notre projet de promenade. Alors, je la porte aussi aujourd’hui jeudi puisque nous avons convenu, avec l’amie, de nous reprendre.
En venant travailler ce matin, marche devant moi sur le trottoir une jeune femme, sandales romaines dorées, ceinture assortie, et une robe qui se gonfle, tout à coup, sous l’effet du vent. C’est magnifique. Elle passe devant un homme qui la regarde en souriant. Arrive mon tour de passer devant l’homme avec ma belle robe, et avec mon âge, il ne me voit pas. Le dernier jour de ma semaine de travail, je me paie une gâterie, un café latte de format régulier au Second Cup. J’y croise le même homme. On pourrait penser que sans la jeune fille romaine pour me porter ombrage –et pour le distraire– il aurait pu me voir. Nenni.