Jour 2153

Deux hommes arrivent à la maison à 6h45 ce matin, il fait un gros orage, pour installer une nouvelle fenêtre à l’avant, dans le salon. Sous l’effet d’une secousse, une vingtaine de briques se détachent d’elles-mêmes et vont s’écraser avec un bruit de chute sur les hostas. J’arrive en courant, craignant qu’il n’y ait quelqu’un de blessé. Les deux hommes me regardent avec une tête d’enterrement. Ils n’ont, me disent-ils, jamais vu ça, un mur dans un tel état. Comme ils n’ont pas de briques à vendre et qu’ils ne sont pas maçons pour m’offrir leurs services, j’ai tendance à penser qu’ils sont sincères à 100%. Une fois remis de leurs émotions, ils me proposent d’aller dehors faire le tour de la maison.
– Regardez, Madame, les craques, là, et là.
Ils suggèrent de bloquer l’accès au duplex avec un ruban de sécurité, le temps que le tout soit réparé. Arrive le superviseur qui doit prendre la décision du maintien ou de l’arrêt de l’installation de la fenêtre dans le salon. Il se trompe de mots plusieurs fois de suite, en expliquant quelque chose. Je lui dis que c’est en raison de son coup de soleil (il est rouge comme un homard au visage). Il ajoute que la maison est très vieille, au moins cinquante ans, je lui dis que c’est mon âge, et il devient encore plus rouge. Mes niaiseries détendent l’atmosphère.

Quand je dis à mes amis que j’habite une maison en ruines, je n’ai pas tout à fait tort. En ruines à Montréal, et infiltrée d’eau à la campagne, j’ai beaucoup de pain sur la planche, mais bien peu d’argent dans mes poches.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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