Badouzienne 107

Charlotte Gainsbourg et moi avons toutes les deux subi une hémorragie cérébrale. La sienne est survenue en 2007 à la suite d’un accident de moto marine –que les Français appellent un jet ski. La mienne est survenue en 2021 et serait due, selon les rapports médicaux auxquels j’ai eu accès, au médicament que je prends pour éclaircir mon sang, le Coumadin. Il semble y avoir plusieurs sortes d’hémorragies cérébrales. La mienne a été soignée par une double trépanation. Je ne sais pas s’il en a été de même pour Charlotte. Je pense que j’ai failli mourir. Je me rappelle avoir dit à Denauzier que j’étais prête à partir. Je n’ai pas prononcé tout fort les mots qui, dans ma tête, complétaient cette affirmation, à savoir que je m’en demandais trop, de toute façon, de manière générale, et que je n’avais plus la force de fournir les efforts qui auraient été requis pour que je puisse considérer avoir réussi ma vie. Face à ce constat d’échec, autrement dit, j’envisageais –non sans un certain soulagement– de déclarer forfait !

Je m’intéresse à Charlotte en grande partie parce que je viens de terminer la lecture des carnets intimes de Jane Birkin, parus en deux tomes, le premier intitulé Munkey Diaries, et le deuxième Post-scriptum. J’avais entendu parler de ces carnets à la radio, je dirais il y a plus d’un an. Le temps, sans vraiment de surprise, a passé, jusqu’à ce que, dans une succursale de Multimag, je remarque le livre et l’achète. J’ai informé le vendeur, à la caisse, qu’il existait une suite au premier tome. Il a fouillé dans sa base de données, a été très surpris de constater que j’avais raison. Il a commandé le livre et quelque temps plus tard je suis retournée l’acheter.

Le ton de Jane dans ces carnets est semblable à celui qui était le mien, les quelques rares fois que j’ai tenté de m’écrire. Les phrases sont à moitié construites, les idées s’enchaînent sans trop de rapport entre elles. On n’est pas vraiment dans l’esprit de Nicolas Boileau, « Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage ». Avec Jane, ça y va par là, dans des mouvements incessants entre ses deux pays, l’Angleterre et la France.

J’ai fini le deuxième tome hier soir, regrettant n’avoir pas noté une phrase qui, encore une fois, me fait tellement penser à moi. Chatonne Mia sur mes genoux, j’ai tenté de la retrouver tout à l’heure, à partir de la fin du livre. Je me rappelais que la phrase était en bas de page, du côté gauche. Au terme d’une centaine de pages parcourues vite fait, je me suis découragée. J’ai fermé le livre et je n’y ai plus pensé. Quand je l’ai réouvert, j’avais la phrase sous les yeux. Je n’exagère pas.

C’est très étrange, mais, quand quelqu’un me masse et me parle et me demande de me détendre, ça me fait pleurer.

Je m’arrête là, l’interface de WordPress a tellement changé pendant mon long silence de huit mois que j’ai besoin d’un petit repos. Demain, je vais essayer de mettre une photo en ligne, en accompagnement du texte.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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