Badouzienne 104

Version finale des carafes

Dans mon rêve de la nuit dernière, je désirais visiter l’ensemble de mes amis dans leur maison respective. J’avais autant envie, autrement dit, de les visiter, eux, que leur lieu de vie. Je connais les lieux de vie intime de tous mes amis proches, bien sûr, mais mon rêve avait une visée plus large en englobant les gens que je ne fréquente que dans certains contextes –concerts et funérailles, par exemple.

Ainsi avais-je envie de visiter la maison de mon ex-belle-soeur, un endroit où je suis allée il y a belle lurette. En somme, mon rêve portait sur le désir de revisiter mes repères, mes points d’appui d’autrefois, afin de les réanimer, de les rendre contemporains à ma vie de maintenant.

Comme je franchissais la porte d’entrée, un univers complètement noir m’accueillait. Je ne m’étonnais pas qu’un tel phénomène se produise, le noir jouant ici le rôle métaphorique des années qui s’étaient écoulées au cours desquelles tout, de cette famille, m’avait échappé.

Stoïque, je restais debout, immobile, et me disais que ce serait merveilleux si le paradis, une fois que je serai décédée, me permettait de rencontrer les personnes que j’aurai connues de mon vivant, afin de nouer avec elles des conversations agréables, dépourvues de toute possibilité d’intention malveillante.

Cet univers paradisiaque ne comporte aucune compartimentation de l’espace. Nous sommes soit des anges soit des fantômes, des esprits ou des âmes dépourvus de corps. Nous flottons, nous planons, portés par l’assurance de ne rencontrer aucune contrariété. Nous sommes au ciel, finalement. Il ne fait ni chaud ni froid, cette notion-là, thermique, n’existe pas.

Pendant ce temps, le tuteur attend toujours que je l’habille. Je pense aller vers une robe, trouvée dans le fond de la boîte, plutôt qu’une jupe. Le bouleau attend qu’arrive son ami tuteur habillé. Ma nouvelle toile aux carafes attend que je la suspende au mur. Les bulbes de canas attendent que je les mette en terre. Ludo attend que je relise l’épreuve du Tome III. Mes amis –dont je connais bien la maison à tel point que je pourrais en dessiner le plan– m’attendent pour souper.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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2 Responses to Badouzienne 104

  1. J’aime « Les carafes ». C’est joyeux!

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