J’ai consacré mon après-midi à une épreuve physique dans la chaleur, dans la terre et parmi les bibittes. Je désire planter quatre poinsettias pendant la saison estivale sous un arbre assez haut qui ressemble à un lilas mais dont les fleurs sont jaunes. Cet arbre est entouré d’un ancien projet de plante-bande dont il ne reste presque rien, des spirées sèches et cassantes, de même qu’un hydrangée qui tire de la patte. Je me suis habillée pour me protéger des bibittes et des branches cassantes. Je portais des jeans dont le bas de la jambe était recouvert par les chaussettes les plus longues que j’ai trouvées dans la maison –et qui appartiennent à Denauzier. De vieilles basquettes. Pour le haut, une camisole d’été qui est longue et peut couvrir la taille et même une partie des fesses par-dessus les jeans. Une chemise à manches longues par-dessus la camisole, boutonnée des manches et bien sûr jusqu’au cou. Des gants de jardinage qui m’ont laissé des marques rouges sur les doigts, le cuir en est peut-être trop rigide. Une casquette –d’hiver– pour me protéger du soleil. Un chapeau à filet anti-moustiques sur la casquette couvrant le visage et le cou. Je devais être pas mal élégante. Malheureusement, mon mari n’était pas là pour me prendre en photo. J’aime être habillée de cette façon car je ne ressens aucun frein quand vient le temps de me mettre à genoux pour tirer sur des racines, de m’asseoir sur une grosse roche recouverte de mousse pour tailler quelque feuillage, de m’enfoncer dans la terre pour essayer d’enlever une toile géotextile qui est installée là depuis peut-être vingt ans, m’a dit Denauzier. J’ai travaillé très fort après la toile géotextile et les racines et il me reste un travail équivalent à fournir demain. J’ai dégagé suffisamment d’espace pour planter mes poinsettias, mais un coup partie, je vais nettoyer tout l’espace pour l’embellir après. Quelque quatre cinq ans auparavant, j’aurais travaillé plus longtemps. J’essaie de ne pas me rendre au bout de mes forces parce que ça me prend trop de temps, après, pour retrouver ma forme. Donc, sentant qu’il était peut-être autour de 16 heures, je me suis arrêtée. J’étais sale comme une fillette qui aurait joué dans un carré de sable au parc, qui aurait mangé un popsicle dont le liquide coloré et collant, à un moment donné, aurait coulé sur sa robe, et dont chaussettes et sandales seraient remplies de sable. J’étais sale comme Emma quand j’allais la chercher à l’école maternelle, début septembre et fin mai juin, quand il fait beau et que les enfants peuvent aller jouer dehors, dans le grand parc de Notre-Dame-de-Grâce, qui jouxte l’école. En fait, demain je ne pourrai pas fournir l’effort requis pour finir le ménage sous l’arbre. Je suis chez la coiffeuse en matinée et nous avons un souper chez des amis. Je vais arriver trop fatiguée chez les amis si je passe l’après-midi à me battre avec la toile géotextile. La coiffeuse, c’est pour avoir une tête présentable dans quelques jours, lors de mon conventum le 4 juin. Le surlendemain je suis à Montréal, visiter Emma et voir les Feluettes le soir. Le vendredi je profite d’être à Montréal pour visiter un ami… Pendant ce temps, les poinsettias s’habituent au climat extérieur sur la terrasse, à la mi-ombre. Je vais d’ailleurs aller les arroser.
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