Jour 1 299

Squeegee, ou balai-éponge, ou raclette.

Squeegee, ou balai-éponge, ou raclette.

Fiou ! Je change de centaine aujourd’hui. Pour respecter mon compte à rebours, il me faudrait écrire 199 textes d’ici la fin avril 2016, date à laquelle j’aurai alimenté mon blogue pendant cinq ans. Date à laquelle je devrais avoir atteint le texte 1 100. C’est plus d’un texte par jour… Je suis à Montréal en ce moment, à mon ancien chez moi. J’ai fait la route en après-midi par un temps magnifique. Je n’avais qu’une envie, à mon arrivée dans mon quartier de Notre-Dame-de-Grâce, c’était d’aller marcher sur la rue Monkland pour profiter de la petite animation urbaine qui s’y trouve et pour prendre l’air. Je suis donc montée quelques minutes à l’appartement déposer mes affaires puis je suis ressortie. À peine engagée rue Monkland, j’ai pensé à telle boutique que j’aimerais visiter, à telle autre auprès de laquelle je détiens un certificat cadeau qui m’a été donné lors de ma retraite fin juin et que je n’ai pas encore utilisé. J’ai reluqué de l’autre côté de la rue à la recherche de boutiques nouvelles éventuelles. J’étais la campagnarde en manque de lèche-vitrines. Pour me satisfaire un peu, je suis entrée chez Zone, tout en hésitant parce que je me sentais tellement bien dehors. Je suis entrée quand même et j’ai bien regardé parmi les accessoires de cuisine ceux qui enjoliveraient la nôtre à St-Jean-de-Matha car nous venons de nous acheter une superbe table. Je suis ressortie au bout d’un moment pour me trouver juste à côté d’une autre boutique dont le nom m’échappe qui vend de l’artisanat de différents pays. Je suis entrée une minute, maximum. J’avais trop chaud malgré mon habillement léger. Alors j’ai poursuivi mon chemin en déplorant me sentir à la recherche de biens matériels, de biens à consommer, à acheter, comme si j’en manquais. Je me suis donc mise à marcher en regardant droit devant pour ne pas être tentée par telle et telle devanture. Puis je me suis dit que c’était trop bête de ne pas profiter des devantures. J’ai fini par aboutir devant la boutique de chaussures, près de la rue Girouard, léchant un peu la vitrine mais sans grande conviction. C’est alors qu’une dame est arrivée qui m’a sortie de l’immobilisme qui était en train de me gagner. Cette dame, son balai-éponge à la main, nettoie les vitres des commerces de la rue depuis vingt-cinq ans. Elle s’est mise à me parler des commerces qui ont des chances de durer et de ceux qui sont assurés de fermer. Des commerces du temps que le quartier Monkland était majoritairement anglophone, et des commerces de maintenant avec une population francophone grandissante. Et des Juifs qui sont allés s’installer ailleurs, vers Côte-St-Luc, et des granolas du Plateau qui ont pris leur place. D’ordinaire, je tente de mettre fin assez rapidement à ces conversations improvisées parce que je me demande, à peine ont-elles commencé, quand est-ce qu’elles vont s’arrêter. Je ne suis pas très sociable. Mais cette fois je me suis ouverte et j’ai échangé avec la dame, au demeurant fort sympathique, contente de pouvoir me dire, sur le chemin du retour, que le social l’avait emporté sur les pulsions de la consommation.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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