Jour 1 312

Mince. Je me suis fait arrêter par une policière, en plein dans le village de St-Jean-de-Matha. Je m’en allais à mon rendez-vous à la clinique podiatrique, à Joliette, étant donné que j’ai mal aux talons depuis maintenant des mois. Ça faisait plusieurs semaines que j’attendais ce rendez-vous. Il faisait très beau soleil par un temps doux, j’avais baissé un peu la vitre de ma voiture pour profiter de l’automne au volant.
– Selon mes informations, madame, vous n’avez pas renouvelé votre permis de conduire.
D’où j’ai compris que la policière, roulant derrière moi, avait entré mon numéro de plaque d’immatriculation dans son système informatique. En conduisant. Elle n’en a peut-être pas le droit ?
– Ah oui ?, me suis-je étonnée, me rappelant à quel point la photo est laide sur mon récent permis et que, par conséquent, puisque j’ai une nouvelle photo, alors que j’aimais tellement l’ancienne, bien que personne d’autre ne l’aimait, j’avais bel et bien renouvelé le permis.
– Je me rappelle pourtant être allée boulevard de Maisonneuve en mars dernier payer mon renouvellement à la SAAQ, ai-je répondu à la dame, sans lui mentionner que je semble être la proie d’une dépression nerveuse sur la photo.
– Donnez-moi vos immatriculations et je vais aller vérifier, m’a dit la dame, sur un ton très correct qui aurait pu être celui d’une vendeuse dans un magasin.
Je les lui ai données, mais elle me les a aussitôt remises car elles n’étaient pas à jour. J’ai salué sa rapidité à décoder la validité du document. Ça m’a pris plusieurs coups d’œil avant de trouver où apparaissait la date sur le petit bout de papier.
– Elles ne sont pas à jour, avez-vous les bonnes ?, m’a-t-elle demandé.
– Ça m’étonnerait, ai-je répondu en fouillant, vainement, dans mon porte-monnaie.
– Je retourne à mon véhicule vérifier votre dossier, a-t-elle fini par me dire.
J’en ai profité pour appeler Denauzier, au moyen du téléphone cellulaire qu’il me demande d’avoir avec moi quand je suis en déplacement. Je lui ai demandé d’appeler à la clinique pour avertir que j’arriverais en retard. La policière a fini par revenir, plusieurs minutes plus tard, en me confirmant que ce sont les immatriculations qui n’avaient pas été payées et que, si elle respectait le règlement à la lettre, elle ferait remorquer mon véhicule séance tenante. Grâce à sa clémence, j’ai pu retourner à la maison sans me faire remorquer, et une fois arrivée, Denauzier m’a informée que la clinique podiatrique ne pouvait me recevoir en retard. J’ai téléphoné à la clinique pour apprendre que mon prochain rendez-vous serait dans un mois. J’ai informé Denauzier qu’il me fallait aller payer les immatriculations dans les prochains 24 heures. Je l’ai surtout informé que ma contravention s’élevait à 480 $. En lien avec mon texte d’hier, il me semble que je devrais me sentir poche de n’avoir pas suivi mes affaires d’assez près. Mais les formalités administratives m’intéressent tellement peu, me tiennent si peu à cœur, que je n’arrive pas à me sentir poche.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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