Jour 1 314

Magnificence automnale

Magnificence automnale

Voici l’arbre que Marc-Aurèle Fortin aurait aimé avoir dans sa cour, visible depuis sa fenêtre. J’étais pour ma part à McKellar, Ontario, quand j’ai pris la photo. L’Ontario était rouge et orangé, quand j’y suis allée, alors que l’Abitibi resplendissait de jaune parce qu’il n’y a pas d’érables dans cette région. Les feuillus qu’on y trouve sont en grande majorité des trembles. Lors de mon long voyage en voiture, pour la partie que j’ai effectuée seule, je veux dire sans Denauzier, j’ai écouté en boucle la musique des Gypsy Kings. Je pense que Christopher Jackson, avoir fait la route avec moi, aurait beaucoup souffert. J’ai parfois un peu honte de mon manque d’élévation culturelle et je sais que je ne donne pas un bon exemple à ma fille. Le milieu de vie qui m’a le plus stimulée a pourtant été le conservatoire de musique, que j’ai fréquenté de mes 17 à 21 ans. Quand j’y pense aujourd’hui, ce me semble presque une aberration que j’y aie été acceptée étant donné que je porte très peu d’aptitude musicale en ma personne. Je ne suis même pas capable de reproduire la mélodie d’une chanson tellement je fausse. Je ne porte guère plus d’aptitude artistique sur le plan des arts plastiques, je ne sais même pas dessiner. Je n’ai plus jamais joué de guitare quand j’ai quitté le conservatoire, mais je pense que je vais vouloir créer des toiles et des tableaux tant que mon corps en sera capable. Dans un autre domaine, celui de l’écriture, j’écris mes textes quotidiens et j’aime le faire, autant que j’aime peindre, mais encore là, qu’il s’agisse d’écriture ou de peinture, mon talent est assez limité. Je ne suis peut-être pas assez exigeante, ou je ne crois peut-être pas assez en moi, ou je suis peut-être paresseuse, ou je pêche peut-être par complaisance ou par indulgence. Je ne suis pas une grande lectrice non plus, en témoignent les deux mois qu’il m’a fallu pour finir La détresse et l’enchantement. Ces constats m’auraient déprimée autrefois. Aujourd’hui, je les écris sans m’en vouloir et sans me trouver poche. Je suis la personne que je suis. L’important, il me semble, consiste à essayer chaque jour d’exploiter au mieux les capacités contenues dans ma personne.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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