Jour 1 318

Il s'est produit un miracle

Il s’est produit un miracle

J’ai apporté mon ordi pour rien chez Thrissa. Je continue donc d’accuser un retard qui va croissant sur mon projet de décennie. Pourtant j’aurais eu le temps d’écrire, surtout lundi, alors qu’après la promenade quotidienne dans le bois avec la chienne, nous nous sommes installées dehors, au soleil, pour lire et paresser. Je suis enfin venue à bout de la Détresse et l’enchantement. Je lis maintenant Sexus politicus, un livre que j’avais commandé au libraire de la rue Bernard, dans la foulée du scandale DSK, et que je n’ai ouvert que très récemment. Je vais le lire, puisque j’ai pris la peine de le commander, mais je ne peux pas dire que j’en meurs d’envie. J’en ai lu un chapitre ce matin, au CLSC de mon village, alors que j’attendais de recevoir ma prise de sang pour mon test mensuel d’anti-coagulation. J’ai beau ne pas trop connaître encore mon nouveau milieu de vie, je me suis quand même sentie bien entourée, attendant sur ma chaise et lisant, avec pour voisin de droite un moine de l’abbaye Val Notre-Dame, habillé en civil et lisant Le Devoir, et pour voisin de gauche un musicien du groupe Le vent du nord. Il ne manquait que le conducteur du camion GMC qui a eu la mauvaise idée de me quitter avant-hier à Dubuisson.
De l’autobiographie de Gabrielle, je retiens cette phrase, qui m’habite en permanence, qu’il s’agisse de mes paroles et de mes actes, ou qu’il s’agisse de ma pratique artistique : « Et c’est bien la seule chose que j’ai jamais tenue pour certaine, à savoir que je ne savais pas et ne saurais vraiment que penser de ce qui venait de moi. »
Le dimanche de l’Action de Grâces, nous nous sommes retrouvés une vingtaine de personnes à partager un généreux repas chez des amis de Thrissa. Comme nous étions invités pour 14 heures, chacun apportant un plat, nous avons pensé que nous passerions l’après-midi en groupe avant d’entamer le souper, vers les 19 ou 20 heures. Nous basant sur le fait que les repas tardent à être servis lors de tels événements festifs, au rythme lent, et ne voulant pas être incommodés par la faim, nous avons mangé vers 13 heures une soupe très copieuse que Thrissa avait préparée, deux bols plutôt qu’un seul. Ce fut donc sur un estomac déjà plein que nous avons dégusté les délices du terroir qui nous attendaient sitôt entrés dans la maison de nos hôtes, –nous sommes arrivés les derniers–, car l’invitation tenait pour un dîner, non pour un souper !
Histoire par la suite de digérer, je suis allée visiter les différents secteurs de la propriété, mon appareil photo à la main : le poulailler, le potager, la cabane du jardinier, la remise à outils, le coin aménagé pour le foyer, etc. Quand je suis tombée sur la bicyclette qui apparaît ci-dessus, recouverte de tomates cerises, j’ai pris une photo sans trop espérer en retirer quelque chose. Dans mon viseur, la bicyclette apparaissait grise, terne, sous une lumière on aurait dit absente. Ma maîtrise de la technique photographique est telle que je m’en tiens, et ça marche, à la possibilité qu’il se produise à l’occasion des miracles…

Avatar de Inconnu

About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
Cette entrée a été publiée dans 2 200 textes en 10 ans. Mettre ce permalien en signet.

Laisser un commentaire