Jour 1 329

À propos de galette, j'en ai mangé hier au dîner et au souper.

À propos de galette, j’en ai mangé hier au dîner –salée– et au souper –sucrée.

Il n’y a qu’un mot qui me vient à l’esprit, quand je pense à l’écriture d’un texte de fiction : Pouf ! J’ai obtenu de mauvais résultats lorsque j’ai tenté l’expérience des personnages alphabétiques. On se souviendra de l’irréductible Yasmine Yourmanov, de son mari Yuri, et j’étais peut-être sur le point de leur inventer une fillette dont j’ai oublié le prénom. Ça allait dans tous les sens et il n’y avait rien à comprendre. À trop me laisser porter, je n’ai pas su structurer. Il y a aussi un facteur dont je dois tenir compte, c’est celui de mon âge. Deux heures d’écriture représente un effort plus important qu’avant. En général, je ne consacre pas tellement plus d’une heure par texte. Après cette heure, je m’amuse à insérer des photos, à inventer des légendes pour les photos, à me relire tout bas ou alors à haute voix. De plus, depuis ma retraite, j’essaie de bouger, de respirer le bon air de la campagne, d’être active. Ce matin, par exemple, je me suis rendue au marché d’alimentation en bicyclette au beau soleil. Depuis que j’ai failli perdre mes gants –que j’adore– dans un magasin de Joliette, je n’enlève ni mon casque de vélo ni mes gants. Je m’en vais entre les allées, poussant mon panier ainsi déguisée. Je me sens non pas femme de 56 ans, ni même adolescente de 16 ans, c’est mon âge mental, mais fillette en tenue de sport. Aussi, quand un homme, que je ne connais que de nom mais qui connaît, lui, mon visage, est venu me saluer ce matin, je me suis sentie stabilisée par l’utilisation du Madame :
– Enchanté de vous connaître, madame, m’a-t-il dit.
– Eh bien moi aussi !, ai-je répondu en serrant la main qu’il me tendait.
Sans plus développer, nous avons poursuivi nos achats chacun de notre côté. Il m’a fallu du temps avant de me concentrer sur ce que je m’en venais acheter. Je ne pensais qu’à mon allure de garçon manqué. Je n’étais pas à mon meilleur, mais c’est rare, de toute façon, que je le suis. Pensant que quinze minutes plus tôt j’étais en train de manger une banane, j’ai trouvé le moyen de me réconforter :
– Au moins, Bof ! Pouf !, me suis-je dit, il ne m’a pas vue la manger (avec mes gants) !

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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