Le temps passe et nous ne changeons guère. C’est mon affirmation d’aujourd’hui. J’étais en bicyclette, seule sur une piste cyclable cet après-midi, dans les environs de Joliette. En traversant une partie plus boisée, et sans doute inspirée par la beauté du lieu, tellement beau le lieu que j’aurais eu envie d’y habiter, je me suis mise à chanter Elsa, de Léo Ferré, sur les paroles du poète Aragon. Il y a quelque quarante ans, j’observais un champ en labour depuis la maison d’un ami, par une journée d’été semblable à celle d’aujourd’hui. Sans doute inspirée par la beauté du lieu, je m’étais mise à réciter Le dormeur du val, d’Arthur Rimbaud. M’ayant surprise à réciter le poème, l’ami, qui était mon ami de cœur, était venu m’embrasser tendrement. Tellement tendrement que je m’en rappelle quarante ans plus tard. Quand nous sommes arrivés à Natashquan papa et moi il y a vingt-quatre ans, je me rappellerai toujours que son regard s’était dirigé vers le trottoir, à ses pieds, en sortant de l’auto, et il s’était étonné de la manière dont les lignes y étaient tracées. Cet après-midi, nous avions tous les deux le regard dirigé vers le trottoir, à nouveau, pour y observer cette fois les bornes des conduites d’eau.
– Qu’est-ce qui est écrit dessus ?, me demande papa quand nous en rencontrons une.
– D’un côté c’est écrit eau-water, et de l’autre c’est écrit Mueller.
– Qui ?
– Mueller.
Je répète le nom en le prononçant d’une autre façon des fois que ça le rendrait plus compréhensible.
– J’en cherche une où il sera écrit Castonguay, me dit papa, car je sais qu’il avait eu de gros contrats à l’époque pour les aqueducs de la ville.
Hier, il était écrit Clow sur la borne que nous avons rencontrée. Clow et Mueller sont des entreprises canadiennes en équipements de plomberie et d’aqueduc. Qu’en est-il de Castonguay ? Je n’en ai aucune idée. Mais en attendant, c’est l’fun, ça nous fait quelque chose à chercher.
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Badouziennes
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Une autrice illustrement inconnue !
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Durant mon enfance, à St-Jérôme, j’habitais à un pâté de maisons d’une fonderie Mueller… Je ne me souviens pas d’y avoir vu des bornes-fontaines; là, on faisait surtout des couvercles et des bouches d’égouts. Mais c’est bien la Mueller. Elle était située juste à côté de la gare du Canadien National (aujourd’hui rasée). Notre terrain de jeu. Plus vieux, j’ai déjà songé à y faire une demande d’emploi…
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